Alors que Sébastien expliquait que, pour 5 000$, somme qu’il remettrait ensuite à une bonne cause, il accepterait d’aller manger avec des inconnus dans un concept de type Coups de food, tout en précisant qu’il ne le ferait pas dans un autre contexte, Maripier Morin, de son côté, a partagé une anecdote beaucoup plus juteuse.
Elle a d’abord tenu à mettre les choses en perspective, afin de bien faire comprendre qu’aujourd’hui, sa réaction, et son processus de décision dans cette histoire, n’auraient pas été les mêmes.
75 000$ pour une soirée «exclusive»
«Là, il faut faire un voyage dans le temps, puis tu sais, suivez-moi, parce que, tu sais, aujourd’hui, jamais je considérerais cette offre-là. Mais là, j’ai genre 22 ans, je sors d’OD, je suis barmaid, j’habite avec trois gars dans un appartement qui est un foutoir exceptionnel. Je reçois un message sur Facebook (…) Je reçois un message d’un gars (…) il dit: Mon ami se marie, on aimerait savoir c’est combien pour tes services. Donc moi, je ne comprends pas, je suis barmaid. Donc là, je dis: Pour être votre barmaid pendant le bachelor? Tu sais, je pose des questions, je suis curieuse. Donc là, il dit: Non, ah, ah, ça serait pour passer la soirée avec lui, et il termine son message en disant: Money is no object. Ça veut dire que l’argent, ce n’est pas un problème. Hey, moi, je sors de ma chambre, je call un meeting au sommet: Les gars, venez-vous-en ici, j’ai une proposition indécente. Donc là, je leur fais lire le message. Donc là, je dis: Bon, clairement, le gars, il me demande d’être une escorte, c’est ça qu’il me demande. Donc là, je dis: C’est quoi mon prix. Donc là, je regarde les gars bien sérieusement, là je fais: Là, les gars, il faut penser à un chiffre qui a de l’allure (…) on arrive au chiffre de 75 000$», raconte-t-elle en riant, tandis que son coanimateur lui demande s’il pouvait faire ce qu’il voulait en payant cette somme.

L’appât du gain versus les valeurs
«Bien non, mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’à cette époque-là, je suis célibataire, je travaille dans les bars. Ça m’arrive des fois d’avoir des aventures, puis de ne pas être particulièrement satisfaite du résultat. Donc là, je me dis: Bon, bien peut-être que là, 75 000$, ça me ferait un cash down sur un condo. Donc là, je vois l’appât du gain, je réfléchis à cette affaire-là. Donc je dis aux gars: 75 000 $, parfait, on y va avec ça. Donc je réponds au gars, je dis: Parfait, ça sera 75 000$. Je me vois encore envoyer le message, je me trouve absurde, et là, le gars me répond: Mais es-tu complètement tombée sur la tête? (…) bien là, je ne vais pas te demander 1 000$, voyons franchement, j’ai plus de valeur que ça, je me respecte plus que ça (…) il a dit: Tu es complètement folle, tu es tombée sur la tête, oublie ça, on avait 1 000$ de budget (…) là, je dis: Ouais, désolée, à 1 000$, je n’oublie pas le fait que je suis une escorte et que j’ai pilé sur mon estime de moi, et sur mon ego, puis sur mon orgueil (…) mais je pense que si, mettons, il avait dit oui au 75 000$, je ne pense pas que j’aurais été capable pareille. Je pense que mon système de valeurs aurait fait en sorte que je ne serais pas allée au bout de mon projet (…) j’étais folle (…)», dévoile Maripier, alors que Sébastien souligne qu’elle a tout de même fixé un prix.
L’autodérision, des années plus tard
Une anecdote savoureuse qui illustre à quel point l’argent peut influencer nos réflexes et nos décisions, et comment, avec le temps, l’expérience et la maturité peuvent aussi transformer la façon dont on aborde ce genre de situation.
Avec le temps, l’histoire a pris une tout autre couleur: aujourd’hui, elle la raconte avec distance… et beaucoup d’autodérision, en rappelant le contexte de l’époque, sa réalité de jeune adulte et les discussions avec ses colocataires.
À la place de Maripier Morin, auriez-vous, vous aussi, envisagé d’accepter? Et auriez-vous fixé un prix, même brièvement, avant de revenir sur votre choix?