Aux dires de Guy A. Lepage, personne ne pourra un jour prétendre être le «prochain» René Homier-Roy.
Il ne sera pas remplacé.
-Guy A. Lepage
«Je l’ai dit courtement sur les réseaux sociaux: son moule était cassé. Il ne sera pas remplacé. Et c’est correct, aussi. Il a fait ça pendant 60 ans, environ.
«On passe à autre chose, sans lui. Parce qu’il n’y a personne qui peut faire ce qu’il faisait», a conclu Guy A. Lepage.
Le tapis rouge du 40e Gala des prix Gémeaux, qui se tenait en début de soirée dimanche dernier, quelques heures après l’annonce du décès du grand René Homier-Roy, a donné l’occasion aux artistes de rendre hommage à ce monstre sacré de l’animation et de la culture québécoise.
Claude Legault, qui a défilé sur le tapis rouge au bras de sa conjointe, l’auteure-compositrice-interprète Gaële, nous a confié un beau souvenir d’entrevue impliquant justement René Homier-Roy.
«C’est une grosse peine, aujourd’hui! Je dirais que la meilleure entrevue que j’ai eue, de toute ma carrière, c’est avec René Homier-Roy…»
Viens voir les comédiens
Claude Legault fait ainsi référence à sa rencontre avec Monsieur Homier-Roy dans le cadre de la série d’entretiens Viens voir les comédiens, à ICI ARTV, où les acteurs revisitaient les rôles qui avaient façonné leur curriculum vitae.
On avait parlé pendant une heure et demie
-Claude Legault
«L’entrevue la plus le fun que j’ai faite», a continué Claude Legault.
«On avait parlé pendant une heure et demie. Il riait comme un malade. On avait tendance à se dire qu’un René Homier-Roy, ça ne rit pas, ce gars-là! Et c’est l’entrevue dont je me souviens le plus…», ajoute Legault.
«On est bouleversés», nous a lancé Louise Laparé, en entrevue sur le tapis rouge du gala. «C’est une grosse perte, parce que c’était un amoureux du Québec, de la culture d’ici, de la lecture… C’était un être à l’esprit ouvert, un être de culture, un être de passion…»
Un talent redoutable pour la critique
Ce à quoi Gaston Lepage a renchéri en évoquant le talent redoutable pour la critique de ce pilier de Radio-Canada.
«On l’a honni, à un certain moment, du temps qu’il était critique! Il est devenu fin quand il a arrêté d’être critique (rires). On n’était pas toujours du même avis, mais il était impliqué. Il connaissait sa culture, la culture dans laquelle il a lui-même grandi. Je lui lève mon chapeau, à Monsieur Homier-Roy, que j’ai déjà imité…»
Constatant notre étonnement, le comédien de Temps de chien et, bientôt, STAT (avec sa conjointe, Louise Laparé!), ainsi que Je te tiens, la nouvelle série de Simon Boulerice destinée à Crave, a relaté cette anecdote de caricature.
«Quand on faisait [l’émission matinale, NDLR] Les trois mousquetaires, on imitait trois critiques. Louis-Georges (Girard) imitait quelqu’un, Chantal Lamarre imitait Francine Grimaldi… et on critiquait…! On faisait de beaux petits sketchs comme ça», a remémoré Gaston Lepage, au sujet des Trois mousquetaires, une quotidienne qui avait duré de 1997 à 2002, à Radio-Canada.
Le capitaine du Canadien de Montréal Nick Suzuki est un homme investi envers Montréal et le Québec.
Le numéro 14 a fait de Montréal bien plus qu’un simple lieu de travail: il en a véritablement fait sa nouvelle maison. Depuis plusieurs années déjà, il choisit de demeurer en ville durant la période estivale, alors que beaucoup de joueurs profitent de l’entre-saison pour retourner dans leur pays d’origine ou s’éloigner du hockey. Cette fidélité témoigne non seulement de son attachement à la métropole québécoise, mais également de la relation privilégiée qu’il entretient avec ses partisans.
Sa présence constante à Montréal envoie un message fort à ses coéquipiers, surtout aux plus jeunes, qui voient en lui un exemple de professionnalisme, de discipline et d’engagement. Pour eux, il incarne le modèle du joueur qui ne se contente pas de revêtir l’uniforme du Canadien, mais qui s’investit pleinement dans la vie de l’équipe et dans la communauté locale.
Au-delà de l’aréna, on le croise régulièrement lors d’activités caritatives, de programmes jeunesse ou d’événements communautaires. Plus qu’un joueur, il est devenu un ambassadeur du club et un symbole d’unité entre l’équipe et ses partisans.
Depuis quelques années, l’organisation du CH a mis en place des cours de français, afin que les joueurs puissent se familiariser avec la langue officielle du Québec.
J’aime beaucoup Montréal et je veux me sentir à l’aise ici.
Décidément, cette initiative a porté ses fruits pour Suzuki, lui qui a livré une première entrevue officielle en français, avec le commentateur des matchs du CH à TVA Sports, Félix Séguin.
«C’est important pour moi, d’abord. J’aime beaucoup Montréal et je veux me sentir à l’aise ici. Le Canadien est l’équipe la plus prestigieuse de la LNH. C’est un honneur de faire partie de son histoire. Nous sommes une jeune équipe. Nous avons du talent et nous sommes très motivés de faire des jeux excitants à nos partisans. Merci de votre support, vous êtes les meilleurs fans au monde.»– Nick Suzuki, en français, à TVA Sports
EXCLUSIF | Une première entrevue en français pour le capitaine Nick Suzuki! 👏 Voyez l'entrevue intégrale lors du TVA Nouvelles 17h 📺 pic.twitter.com/dw1kllMFD2
Le Tricolore eu son lot de capitaines anglophones au fil des ans, notamment Shea Weber, Brian Gionta et Saku Koivu, mais aucun d’entre eux ne semblaient aussi à l’aise de s’adresser en français aux partisans, comme l’a fait Suzuki. Koivu a porté le «C» sur son chandail pendant 10 ans, mais semblait timide de s’adresser aux gens en français, bien qu’il connaissait quelques mots dans cette langue.
La prestation de Suzuki a été souligné par plusieurs personnalités publiques québécoises, dont Jean-F. Roberge, Ministre du gouvernement du Québec et député de Chambly.
Je veux saluer les efforts et les progrès de Nick Suzuki, capitaine du @CanadiensMTL, dans son apprentissage du français. Un beau geste de respect qui montre qu’il est un meneur autant sur la glace qu’à l’extérieur. https://t.co/9u4gUZvhZ2
Le Chef du Parti Québécois Paul St-Pierre Plamondon a aussi salué les efforts de Suzuki.
En plus d’être l’un des meilleurs joueurs de centre de la ligue, il est un capitaine exemplaire.
Nick Suzuki s’impose désormais comme bien plus qu’un simple joueur talentueux: il est devenu le visage d’une nouvelle ère du Canadien de Montréal. Par son calme, son intelligence de jeu et son leadership discret mais efficace, il incarne les valeurs que l’organisation souhaite transmettre à la prochaine génération.
Évidemment, comme souvent, il fallait bien que certains soulignent que Suzuki semblait par moment s’aider de notes et ainsi relancer le débat pour faire jaser… mais la vérité est qu’il s’agit d’un superbe effort du capitaine du CH.
Normand Brathwaite, d’ordinaire si enthousiaste, a eu le regard assombri et a semblé manquer de mots lorsque nous avons évoqué avec lui le sujet du départ inattendu de ce communicateur hors pair.
Comme Serge Fiori
Sa réponse fut d’ailleurs très brève, mais non sans comparer cette perte à cette autre récente, cette fois de Serge Fiori.
«C’est une autre époque qui se termine. Comme Serge (Fiori). Ce sont des grands. On se dit: Qui va le remplacer?»
Guy Lafleur était beaucoup plus qu’un joueur des Canadiens de Montréal, lui qui a marqué plusieurs générations de Québécois.
Autant de son vivant que depuis sa mort en 2022, Lafleur a reçu une quantité importante d’honneurs dû à sa prolifique carrière dans la LNH, mais également en raison de son implication dans la communauté. Ça se poursuit en 2025, alors que le nouveau pont qui relie l’île Bizard et Montréal portera dorénavant le nom de Guy Lafleur, comme annoncé par la mairesse Valérie Plante.
Son fils Martin, ainsi que d’anciens coéquipiers comme Réjean Houle, Yvon Lambert et Guy Carbonneau, y étaient aussi.
Ayant vécu le 27 dernières années de sa vie dans l’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Guy Lafleur était un homme très impliqué dans la communauté, comme son fils aîné Martin a pu en témoigner.
«Il s’agit vraiment d’un superbe honneur. Mon père était tellement impliqué dans la communauté. Quand il y a eu les grosses inondations (2019), mon père est venu en aide aux sinistrés. Il allait leur porter de l’essence avec une embarcation. L’île est comme un petit village. Les gens se connaissent et s’entraident quand les circonstances le demandent.»– Martin Lafleur, fils de Guy Lafleur
Toujours un film à l’horizon?
En 2020, un film sur la vie de Guy Lafleur a été évoqué, avec Luc Picard comme scénariste, et selon son fils Martin, ce projet est toujours d’actualité.
«Le projet est encore bien vivant. Luc Picard a terminé le scénario et le projet a été ou sera bientôt déposé à la SODEC. Tout suit son cours. Qu’importe le temps que ça prend. Le plus important est que les préparatifs soient bien faits afin que le film soit à la hauteur de l’image que projetait mon père. J’ai hâte que le tournage commence.»– Martin Lafleur, lors de son discoursau micro
L’ex numéro 10 des Canadiens, des Nordiques et des Rangers a reçu plusieurs titres et honneurs significatifs au fil des ans.
En 1980, il a été fait Officier de l’Ordre du Canada, dû à sa carrière incroyable dans la Ligue nationale et son rôle d’ambassadeur du hockey.
Le 4 février 1985, son chandail numéro 10 a été retiré par le Tricolore, après sa première retraite comme joueur.
En 1988, Guy Lafleur a été intronisé au Temple de la renommée du hockey.
En 1993, Lafleur a été admis au Panthéon des sports du Québec.
Ensuite, en 2005, il a été nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec, une distinction d’impact remise par le Gouvernement du Québec, qui reconnaît l’apport au patrimoine sportif et culturel dans la province.
Le 3 mai 2022, le Gouvernement du Québec lui a accordé des funérailles nationales.
En 2023, en direct de Thurso, la ville natale de Démon Blond, l’Autoroute 50 (Outaouais) a été surnommée l’Autoroute Guy-Lafleur par le premier ministre François Legault, avec ses 158 kilomètres de longueur.
Guy Lafleur honoré en Outaouais : l’autoroute 50 est rebaptisée en mémoire du démon blond.
Guy Lafleur, le meilleur pointeur et buteur de l’histoire du CH, aura aussi remporté 5 Coupes Stanley, 3 trophées Art Ross, 2 trophées Hart et 1 trophée Conn Smythe pendant sa carrière dans la LNH.
L’héritage de Guy Lafleur perdurera assurément dans le temps. Bien plus qu’un joueur de hockey exceptionnel, il a incarné l’élégance, la vitesse et le panache sur la glace, devenant une source d’inspiration pour des générations entières de Québécois et de Canadiens.