Dany Turcotte face à son très grand «traumatisme»

Crédit: Capture YouTube @Marie-Claude Barrette/Radio-Canada

C’était toutes des idées noires…

Dany Turcotte était récemment de passage au balado de Marie-Claude Barrette, Ouvre ton jeu, où il s’est livré avec franchise sur plusieurs sujets. Invité à répondre à des questions plus profondes, comme le veut le concept de l’émission, il s’est laissé aller à des confidences aussi touchantes que réfléchies.

À la suite d’une question qui lui demandait: «Est-ce que tu t’es déjà rendu au bout de tes limites physiques ou psychologiques», l’ancien fou du roi de Tout le monde en parle est revenu sur cette période où il s’est réellement rendu à bout, émotivement et mentalement.

Un témoignage touchant

Ça a été ça qui m’a achevé, qui m’a tué…

«Bien, quand j’ai fini mon expérience à Tout le monde en parle, après 17 années et demie, je pense que j’étais rendue à la limite psychologique de ce que je pouvais donner. J’étais usé par toutes ces années de controverses-là. Je n’étais plus l’ombre de moi-même. J’étais comme un joueur de hockey qui ne veut pas accrocher ses patins (…) Les deux dernières années, je n’aurais peut-être pas dû les faire. J’aurais peut-être dû lâcher avant ça, mais on dirait que comme je suis un gars de gang, je n’étais pas capable d’abandonner la gang. Je n’étais pas capable d’abandonner le bateau pendant qu’il était encore en mer (…) Mais j’aurais dû arrêter. Je n’étais plus bon. Je n’étais plus nécessairement la bonne personne pour faire le travail (…)», confie-t-il, alors que l’animatrice lui demande plus précisément à quel niveau il sentait qu’il n’était plus bon.

Il explique qu’il n’osait plus prendre la parole, tellement il avait été écorché par les réseaux sociaux et les réactions du public. À force, il s’est mis à se censurer, et affirme que ce n’est jamais bon pour l’humour.

«J’étais terrorisé sur mon petit banc, à avoir peur de ce que je vais produire comme prochain scandale. Donc, quand est arrivée la pandémie, où l’émission est tombée en direct, pas de public, là, là, ça a été ça qui m’a achevé, qui m’a tué (…)», explique-t-il.

La pandémie, la peur… et le point de rupture

Mon traumatisme est très grand…

Ce qu’il a trouvé particulièrement difficile, c’est que c’était une période où tout le monde vivait dans la peur, alors qu’ils devaient malgré tout aborder des sujets ultrasérieux. Et surtout, toute la collégialité du milieu, ce qu’ils aiment justement dans ce domaine, n’existait plus à cause de cet événement particulier.

«À chaque fois que je disais de quoi, c’était un malaise. Il n’y avait pas de public pour rire, mon rôle n’existait plus (…) Je n’ai pas revu d’épisodes parce que je pense que mon traumatisme est très grand et je pense que de me revoir là, assis sur le banc, me procurerait probablement un très, très grand malaise. Donc, je pense que là, j’avais atteint la limite psychologique de ce que je pouvais atteindre», se remémore Dany.

Capture YouTube @Marie-Claude Barrette

Il explique que son angoisse débutait le mercredi matin et que le sentiment d’inconfort montait jusqu’au moment.

«Puis là, c’était toutes des idées noires, puis: Ça va mal, puis, je ne suis pas bon, puis tu sais, la perte de confiance totale. Puis là: Il faut que je sois là dimanche, puis là, samedi soir, ne dors pas, puis là j’arrive là le dimanche, faut fronter, puis en plus il n’y a pas de contacts sociaux, tu es tout seul, un cauchemar. J’ai vraiment vécu un cauchemar. Là, je me rappelle de la voix de Guy qui me présentait, puis Diane et Guy qui disaient toujours: Comment ça va Dany?, j’avais juste le gout de dire: Ça va très, très mal, mais tu ne peux pas dire ça à la télé (…)», témoigne Turcotte. Il explique qu’il s’était construit une carapace et qu’il ne parlait presque plus aux autres, alors qu’il aurait dû exprimer son malaise à son équipe, mais il ne l’a pas fait.

Marie-Claude lui a alors demandé s’il croyait qu’il était au début d’une dépression.

«Ah, bien oui (…) je m’en allais vers ça, je m’en allais vers un… pas un surmenage, mais une fatigue psychologique très, très grande», avoue-t-il, ajoutant qu’il était comme confiné dans son problème et qu’il avait l’impression que chaque journée se ressemblait, une lourdeur amplifiée par la pandémie.

Aujourd’hui, avec le recul…?

À la fin de son retour, il a toutefois tenu à réitérer qu’il avait adoré faire Tout le monde en parle, même si son départ a été particulièrement difficile à vivre.

Il mentionne que ce départ s’est accompagné de moments sombres, mais aussi d’une période de reconstruction. Et c’est notamment l’écriture qui l’a aidé à traverser ce passage difficile.

Dany confirme avoir fait la paix avec cette période et affirme qu’il croit que, désormais, il va mieux.

Un segment qui rappelle à quel point il faut écouter les signaux que notre corps nous envoie, et savoir s’arrêter, même quand le cœur, lui, voudrait continuer.

Nous lui souhaitons une belle continuation et le félicitons pour son parcours, qui semble aujourd’hui guidé par la réflexion et la rétrospection.