Les rivalités dans le football commencent généralement en douceur. Un chant se transforme en rugissement. Un tacle ébranne bien plus que le joueur lui-même. Puis, soudain, le match, et parfois même toute la saison, prend des allures de champ de bataille, et on en vient à se demander pourquoi tout cela compte tant. Mais c’est justement ça : ces matchs ont toujours une importance. Chaque pays (ou région) a sa propre version de cette rivalité. Il s’agit peut-être de deux clubs issus de milieux opposés. Peut-être s’agit-il d’équipes nationales qui ne parviennent pas à mettre de côté de vieilles rancunes. Et parfois, ce sont les supporters qui attisent le feu, intensifiant l’affrontement bien au-delà du terrain. Et croyez-moi, ça peut vite dégénérer ! Certains disent que le football n’est qu’un jeu, mais cela ne s’applique jamais à ces affrontements. Pour les vainqueurs, c’est une année de gloire. Et pour les perdants, c’est un rappel douloureux. Il n’y a pas une seule façon de vivre ces rivalités. Il suffit de se plonger dans la politique, les coulisses, le chaos des stades, ou simplement de se détendre et de regarder le drame se dérouler. Quoi qu’il en soit, vous comprendrez très vite qu’il ne s’agit pas seulement de rivalités, mais de chapitres vivants et palpitants de la longue, tumultueuse et magnifique histoire du football. Commençons par la plus grande de toutes.
Les rivalités dans le football commencent généralement en douceur. Un chant se transforme en rugissement. Un tacle ébranne bien plus que le joueur lui-même. Puis, soudain, le match, et parfois même toute la saison, prend des allures de champ de bataille, et on en vient à se demander pourquoi tout cela a tant d’importance. Mais c’est justement ça : ces matchs ont toujours de l’importance. Chaque pays (ou région) a sa propre version de cette rivalité. Il s’agit peut-être de deux clubs issus de milieux opposés. Peut-être s’agit-il d’équipes nationales qui ne parviennent pas à mettre de côté de vieilles rancunes. Et parfois, ce sont les supporters qui attisent le feu, intensifiant l’affrontement bien au-delà du terrain. Et croyez-moi, ça peut vite dégénérer ! Certains disent que le football n’est qu’un jeu, mais cela ne s’applique jamais à ces affrontements. Pour les vainqueurs, c’est une année de gloire. Et pour les perdants, c’est un rappel douloureux. Il n’y a pas une seule façon de vivre ces rivalités. Il suffit de se plonger dans la politique, les coulisses, le chaos des stades, ou simplement de se détendre et de regarder le drame se dérouler. Quoi qu’il en soit, vous comprendrez très vite qu’il ne s’agit pas seulement de rivalités, mais de chapitres vivants et palpitants de la longue, tumultueuse et magnifique histoire du football. Commençons par la plus grande d’entre elles.
1. El Clásico : Real Madrid - Barcelone (Espagne)
13 mai 1902. Le grandiose Hippodrome de Madrid servait de cadre à un match qui allait donner naissance à la rivalité la plus intense de l’histoire du football. Le FC Barcelone, fondé depuis à peine deux ans, s’attendait à une victoire facile. Ses adversaires, le Madrid FC, tout juste créé, avaient peu d’expérience mais beaucoup de fierté. Des buts de Steinberg et Morris scellèrent une victoire 3-1. Ils perdirent le tournoi, mais El Clásico venait tout juste de commencer. Les décennies passèrent, mais la flamme ne s'éteignit jamais. Le transfert de Di Stéfano (années 1950), la révolution de Cruyff (années 1970) et la trahison de Figo (2000) ne firent qu'exacerber l'animosité. Puis vint le duel Messi contre Ronaldo en 2000. Le Camp Nou a un jour lancé une tête de cochon sur Luis Figo ; Mourinho, plus tard en 2011, a crevé l’œil de Vilanova. El Clásico, c’est la guerre.
2. L'« Old Firm » : Celtic contre Rangers (Écosse)
En entrant à Glasgow, vous vous retrouvez au cœur d’une guerre déguisée en football, où l’histoire, la religion et l’identité s’affrontent à toute vitesse. La rivalité entre les « Old Firm » a connu son lot d’incidents tragiques et controversés. En voici un bref aperçu des plus marquants : le 2 janvier 1971, une bousculade sur l’escalier 13 du stade d’Ibrox a fait 66 morts lors d’un match opposant les Rangers au Celtic. Le 10 mai 1980, après la victoire 1-0 du Celtic en finale de la Coupe d’Écosse, les supporters des deux camps se sont livrés à une violente invasion du terrain à Hampden Park. Plus de 200 personnes ont été arrêtées, et une interdiction de consommer de l’alcool dans les stades écossais a été mise en place. Le 16 mars 2025, lors d’une victoire 3-2 des Rangers au Celtic Park, Vaclav Cerny, joueur des Rangers, a aspergé d’eau les supporters du Celtic alors qu’il célébrait un but décisif inscrit en fin de match, ce qui a déclenché une vive polémique.
3. Superclásico : Boca Juniors - River Plate (Argentine)
Le chaos a éclaté avant même le coup d’envoi, le 24 novembre 2018. Des supporters de River Plate ont attaqué le car de l’équipe de Boca avant le match retour, blessant des joueurs et provoquant le report de la rencontre. Pour des raisons de sécurité, la CONMEBOL a déplacé le match au stade Santiago Bernabéu de Madrid ; c’était la première fois qu’une finale de la Copa Libertadores se disputait hors d’Amérique du Sud. River a remporté la finale sur un score cumulé de 5-3. Puis vint le Real Madrid avec Maradona, Riquelme et Ortega. En 2009, alors qu’il entraînait l’Argentine, Maradona critiqua ouvertement le style de jeu et l’attitude de Riquelme, ce qui poussa ce dernier à se retirer de l’équipe nationale. Leur relation, autrefois fondée sur l’admiration, se brisa irrémédiablement. Quant à Ariel Ortega, ses affrontements avec Boca étaient alimentés par les Superclásicos et son statut d’icône de River Plate.
4. Le classique : Bayern Munich contre Borussia Dortmund (Allemagne)
Ici, la domination côtoie la rébellion. Alors que le Bayern domine le football allemand, accumulant les trophées avec régularité, Dortmund s’épanouit en formant des talents et en remportant des victoires inattendues. Lors de la finale de la DFB-Pokal 2012, l’équipe de Jürgen Klopp, donnée perdante, a humilié le Bayern 5-2 en Coupe d’Allemagne. Mais le Bayern a-t-il laissé passer cela ? Non, il a riposté. Dès 2013, il a réagi en réalisant un triplé historique (Bundesliga, Coupe d’Allemagne et Ligue des champions), battant Dortmund en finale de la Ligue des champions. Autre détail marquant : le transfert de Lewandowski en 2014. Les supporters de Dortmund ne lui ont pas pardonné, car, encore aujourd’hui, ils scandent « Judas » à chaque fois qu’il revient.
5. Derby du Nord-Ouest : Manchester United contre Liverpool (Angleterre)
L'histoire imprègne chaque brin d'herbe d'Anfield et d'Old Trafford. Avec 39 titres de champion à eux deux entre Manchester United et Liverpool, c'est le duel ultime en Angleterre. Oubliez les rivalités locales : ici, c'est une guerre d'héritage. Le retour « kung-fu » de Cantona, la fameuse glissade de Gerrard et l'inoubliable match nul 3-3 de 1994 sont tous entrés dans la légende. En 2006, la célébration débridée de Gary Neville devant les supporters de Liverpool a suscité l’indignation, ce qui lui a valu quelques amendes et une vague de colère. En 2011, le scandale de racisme impliquant Suarez et Evra a attisé des tensions encore plus vives. La haine est profonde, mais c’est le respect sous-jacent qui attise le feu. On soutient l’un, on déteste l’autre : il n’y a pas de juste milieu.
6. Le derby de Milan : AC Milan contre Inter Milan (Italie)
Bien qu’ils partagent la même ville et le même stade, l’AC Milan et l’Inter Milan incarnent deux identités distinctes ; le « Derby della Madonnina » est un affrontement acharné qui reflète l’histoire profondément enracinée de Milan et ses clivages culturels. Née en 1908 d’un schisme lié à l’intégration de joueurs étrangers, cette rivalité reflète les contrastes sociaux : l’AC Milan représentait traditionnellement la classe ouvrière, tandis que l’Inter symbolisait la bourgeoisie. En 2005, le chaos a éclaté lorsque des supporters de l’Inter ont lancé des fusées éclairantes sur le terrain, mettant le feu au maillot du gardien milanais Dida, ce qui a contraint l’UEFA à suspendre le quart de finale de la Ligue des champions. Les tensions ont de nouveau éclaté en 2023 lors d’un accrochage entre Théo Hernández et Denzel Dumfries après le match. Par ailleurs, des légendes telles que Paolo Maldini (défenseur de l’AC Milan) et Javier Zanetti (capitaine de l’Inter) ont marqué de leur empreinte cette rivalité.
7. Le « Clásico » du football péruvien : Universitario contre Alianza Lima (Pérou)
L’Universitario et l’Alianza Lima s’affrontent d’abord pour remporter des titres, puis ils montent d’un cran pour se disputer l’âme divisée de Lima. Par un malheureux concours de circonstances, en 1987, l’Alianza a perdu la quasi-totalité de son équipe dans un accident d’avion dévastateur, une blessure qui reste encore aujourd’hui vive. Les supporters de l’Universitario ont réagi en déployant des banderoles de respect plutôt que de railleries. Mais il n’en va pas de même sur le terrain. Là, c’est une véritable guerre où les fumigènes, les émeutes et les fermetures de stade sont monnaie courante. Par exemple, en 2021, un match a dégénéré en violences jusqu’à ce que la police intervienne pour mettre fin aux affrontements entre supporters. Méconnue sur la scène internationale, cette rivalité vibre d’émotions brutes. Assistez-y une seule fois, et vous en ressentirez tout le choc.
8. Brésil - Argentine (match international)
Un choc des titans ? D’un côté, Pelé, Ronaldo et Neymar affrontent Maradona, Messi et Di María. Cette rivalité a atteint son apogée lors de la Coupe du monde de 1990, lorsque le Brésil a dominé la rencontre sans toutefois parvenir à concrétiser ses occasions, et que l’Argentine s’est imposée 1-0 grâce à un but inscrit en toute fin de match par Claudio Caniggia, sur une passe décisive issue d’une course de génie de Maradona. La célèbre phrase « Le Brésil a joué, nous avons gagné » reflète la résilience tactique de l’Argentine face à ses rivaux au jeu fluide. Quant à la Copa América, l’intensité ne faiblit jamais. Chaque tournoi ressemble à un champ de bataille, et même les matchs amicaux se transforment en duels chargés d’émotion. Cette rivalité est alimentée par des décennies de légendes, qui suscitent d’interminables débats sur le « plus grand de tous les temps » autour des tables du monde entier.
9. Le derby du Caire : Al Ahly contre Zamalek (Égypte)
« Ce n’est pas seulement du football, c’est une révolution », a déclaré un jour un supporter de Zamalek. Il s’agit de la rivalité la plus féroce d’Afrique, qui enflamme tout un continent. Al Ahly détient les trophées ; Zamalek revendique le talent artistique. Leurs affrontements sont si intenses que la présence du public est souvent interdite pour des raisons de sécurité. En 2015, une tragédie a frappé lorsque 20 supporters de Zamalek ont trouvé la mort dans une bousculade à l’extérieur du stade Air Defense, après que des gaz lacrymogènes eurent été lancés sur la foule. Les séquelles des 74 victimes de la catastrophe de Port-Saïd en 2012 sont encore bien présentes. Groupes politiques, ultras et armée gravitent autour de ce rendez-vous incontournable. Regardez ce match, mais préparez-vous : au Caire, on ne fait pas dans la dentelle.
10. Derby de Manchester : Manchester United contre Manchester City (Angleterre)
Le derby de Manchester, autrefois simple rivalité locale, s’est transformé en une lutte pour la suprématie, le centre du pouvoir s’étant déplacé d’Old Trafford vers l’Etihad. Autrefois considérés comme de simples « voisins bruyants » — une expression inventée par Sir Alex Ferguson en 2009 pour minimiser les ambitions grandissantes de Manchester City —, ils ont depuis fait taire leurs détracteurs en remportant plusieurs titres de Premier League, tandis que Manchester United peine à retrouver sa gloire d’antan. La finale de 2012 a scellé l’intensité de cette rivalité lorsque le but de Sergio Agüero à la 93e+20e minute contre QPR a offert à City son premier titre de Premier League de manière spectaculaire. Avec Erling Haaland qui sème désormais la terreur dans les défenses adverses, City semble imparable, tandis que les supporters de United s’accrochent aux souvenirs de l’ère Ferguson et à leur domination historique.
11. Le derby du nord de Londres : Arsenal contre Tottenham (Angleterre)
Cette rivalité a vu le jour en 1913, lorsque l’Arsenal a quitté le sud de Londres pour s’installer à Highbury, un endroit trop proche du fief de Tottenham. Depuis lors, les tensions n’ont cessé de s’intensifier. Les « Invincibles » d’Arsenal ont humilié les Spurs en 2004, remportant le titre de Premier League à White Hart Lane. Plus récemment, Harry Kane, meilleur buteur de tous les temps des Spurs, est parti au Bayern de Munich (en 2023). Ce départ n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. Les supporters d’Arsenal se moquent, tandis que ceux des Spurs pleurent la perte de leur talisman. Le jour du derby, le nord de Londres se métamorphose : les pubs débordent de débats animés, les chants résonnent dans les rues et la bataille s’engage sur le terrain. Le slogan d’Arsenal « North London is red » se heurte à celui des Spurs « Mind the gap », alors que cette rencontre est la garantie d’une passion débordante et d’un football à plein régime.
12. Derby intercontinental : Fenerbahçe contre Galatasaray (Turquie)
À la veille d’un match crucial de Süper Lig, le car de l’équipe de Galatasaray a été pris pour cible par des supporters de Fenerbahçe. La tension était déjà à son comble, Galatasaray ayant déjà décroché le titre de champion avant même le coup d’envoi. Cela signifiait que les Galatasarayois allaient soulever le trophée au stade Şükrü Saracoğlu, le terrain de Fenerbahçe, une perspective insupportable pour les supporters de Fenerbahçe. Sur leur propre terrain ? Hors de question ! Le match lui-même a été brutal, marqué par des tacles agressifs et des affrontements entre joueurs. La police anti-émeute a dû intervenir pour maîtriser la foule, et après le coup de sifflet final, les célébrations de Galatasaray ont été accueillies avec hostilité, obligeant les agents de sécurité à escorter les joueurs hors du terrain. Ici, soit on a le sang jaune et rouge, soit jaune et bleu marine : il n’y a pas de juste milieu.
13. « De Klassieker » : Ajax - Feyenoord (Pays-Bas)
Les « golden boys » d’Amsterdam affrontent les guerriers inflexibles de Rotterdam. L’Ajax incarne le football fluide, la précision et l’héritage de Johan Cruyff. De son côté, le Feyenoord riposte avec une énergie brute et la ténacité de la classe ouvrière. Malheureusement, comme dans la plupart des drames footballistiques, l’hostilité ne se limite pas au terrain. En 2016, les ultras du Feyenoord ont tendu une embuscade au car de l’Ajax, le bombardant de feux d’artifice et de fusées éclairantes. Ces rivalités deviennent si violentes que même la police néerlandaise peine à contenir le chaos, tandis que les fusées éclairantes transforment la nuit en jour et que les stades vibrent au rythme de chants endiablés. La neutralité ? Impossible. Entrez sur ce champ de bataille et préparez-vous à quatre-vingt-dix minutes de pure fureur. Apportez un casque si vous le pouvez.
14. Portugal - Espagne (match international)
Deux nations, une rivalité forgée au fil des siècles, chacune dotée de sa propre âme footballistique. L’Espagne incarne la brillante technique, où les maestros du milieu de terrain orchestrent le jeu avec précision, leur style « tiki-taka » faisant référence à l’échelle mondiale. Le Portugal, avec son flair né dans la rue, vibre d’un génie imprévisible, un héritage bâti par des icônes telles que Ronaldo, Figo et Eusébio. La confrontation lors de la Coupe du monde 2018 en a été un parfait exemple. Cristiano Ronaldo, dans une performance qui restera dans les annales, a réussi un triplé contre l’Espagne. Ce triplé comprenait notamment un superbe coup franc en fin de match, qui a laissé les supporters espagnols bouche bée, même si le match s’est soldé par un match nul 3-3. Pourtant, au-delà des moments individuels, la tension est profonde : l’âge d’or de l’Espagne (2008-2012) plane sur le Portugal, tandis que la ténacité et la résilience du Portugal viennent souvent perturber le football fluide de l’Espagne.
15. Derby régional : Dortmund - Schalke (Allemagne)
Le Borussia Dortmund et Schalke 04, distants de seulement 20 miles l’un de l’autre, se disputent non seulement la suprématie footballistique, mais aussi la fierté régionale au cœur de la région industrielle allemande. Peu de matchs illustrent mieux le chaos de cette rivalité que le Revierderby de 2017. À la mi-temps, Dortmund menait déjà 4-0, semblant en passe d’humilier ses plus farouches rivaux. Les supporters de Schalke, abasourdis et silencieux, ne craignaient qu’une défaite catastrophique qui battrait tous les records. Mais Schalke en avait décidé autrement. Les joueurs ont remonté le score but après but, déclenchant une remontée fulgurante en seconde mi-temps. Alors que le match touchait à sa fin, Naldo s’est élevé au-dessus de tout le monde dans le temps additionnel et a marqué de la tête le but égalisateur, scellant ainsi un incroyable retour à 4-4. Dans les rues de Gelsenkirchen et de Dortmund, les émotions ont débordé, donnant lieu à des disputes houleuses. Une défaite ici, et la douleur perdure bien au-delà des 90 minutes.