J’ai surtout été très, très en colère
Éric Bruneau ne cesse de nous surprendre depuis plusieurs années, que ce soit comme comédien ou comme réalisateur. Homme aux multiples talents, il ne passe certainement pas inaperçu dans le milieu artistique québécois.
Nous avons d’ailleurs eu la chance de le voir récemment à Salut Bonjour, où il était de passage pour parler d’un événement spécial, une soirée bénéfice au théâtre le Patriote, visant à amasser des fonds pour la Société Alzheimer Laurentides, mais aussi de la journée de sensibilisation dédiée à cette maladie qui touche malheureusement de nombreuses personnes.
Une cause qui tient particulièrement à cœur au comédien, puisque sa mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Tout comme Anne-Élisabeth Bossé, qui vit elle aussi cette réalité avec la maladie de son père. Elle est d’ailleurs devenue un véritable repère pour Éric à travers cette épreuve.
«Ma mère vit avec la maladie depuis maintenant presque huit ans, en fait. Puis moi, rapidement, Élisabeth, c’est une amie dans la vie, fait que rapidement, quand c’est arrivé, je savais que son père avait un diagnostic, donc c’est devenu une personne qui souvent était là quand j’avais des questions, quand j’étais un peu perdu dans la maladie. Puis je me suis impliqué avec elle dans une activité qu’il y a eu. Puis quand j’ai rencontré les gens de la fédération, j’ai décidé de mettre à profit mon travail, ma visibilité», partageait Éric.

Un tête à tête rempli de vulnérabilité et franchise
Un instant de grande vulnérabilité et de franchise
Lors de son entrevue en compagnie d’Ève-Marie Lortie, celle-ci a d’ailleurs voulu savoir comment Éric avait réagi en apprenant le diagnostic de sa mère, un moment chargé d’émotion.
«Je tournais un film quand je l’ai su. Puis j’ai revu le film dernièrement, puis je le vois. J’ai revu la scène dans le film, puis je le vois. Comment ça s’est passé? Moi, j’ai surtout été très, très en colère, en fait. J’étais en cr*ss (…) Colère contre la vie, la maladie. Puis ça a duré quasiment deux ans. Mais tu sais, avant de trouver des repères, puis avant de trouver c’est quoi cette affaire-là. Puis c’est ça aussi, ça arrive souvent comme une espèce d’épée de Damoclès qui tombe. Mais ce qui est important de dire cette semaine, c’est que ce n’est pas fini. Il y a des choses à faire, il y a des ressources. Puis souvent, la première chose qui va se passer, c’est qu’on va s’isoler, on va avoir peur, on va même avoir de la honte, peut-être. On va se cacher, mais il faut rester socialement actif, il faut rester en groupe. Il ne faut pas avoir peur d’aller chercher de l’aide. On peut aller voir les fédérations québécoises qui offrent du répit aussi aux personnes qui sont les aidantes naturelles, des sessions d’information. Donc, il ne faut pas se stigmatiser puis s’isoler.», livrait Bruneau avec cœur.

Il ajoutait par ailleurs que sa mère aujourd’hui est très bien entourée.
Un moment très touchant. Nous vous invitons d’ailleurs à vous procurer des billets pour la soirée du 29 janvier, à laquelle plusieurs artistes prendront part.