François Legault démissionne: Les réactions de 17 personnalités
Legault va se ramasser avec Lady Gaga.
Âgé de 68 ans, le premier ministre du Québec, François Legault, a récemment annoncé sa démission, mettant fin à un mandat amorcé à la suite de la victoire de la CAQ aux élections du 1er octobre 2018. Il occupait officiellement le poste depuis octobre 2018, soit depuis un peu plus de sept ans.
En difficulté dans les sondages depuis plusieurs mois, François Legault a annoncé qu’il tirait sa révérence «pour le bien de son parti». Il demeurera toutefois en poste de façon intérimaire, le temps que la CAQ lui choisisse un successeur, qui mènera le parti jusqu’aux prochaines élections.
C’est notamment durant la période des Fêtes qu’il aurait amorcé une réflexion sur la suite de son avenir politique. Et ce n’est que plus tard, tout juste avant son annonce, qu’il aurait finalement tranché, arrêtant la décision désormais connue.
Qu’on l’accueille favorablement ou non, cette décision n’a pas manqué de faire réagir, y compris dans les rangs des personnalités publiques et de ceux qui l’ont côtoyé.
Ci-dessous, après le message publié par François Legault sur sa page Facebook, voici quelques réactions suscitées par son annonce.
François Legault officialise sa démission sur les plateformes sociales
«Bonjour tout l’monde. J’utilise les réseaux sociaux pour communiquer directement avec vous depuis des années maintenant. Et aujourd’hui, j’ai un message particulièrement important à vous transmettre. Le Québec fait face actuellement à de grands défis. On doit, entre autres, redessiner notre économie pour offrir des emplois d’avenir aux prochaines générations. Et on doit arrêter le déclin inquiétant du français, en particulier à Montréal, pour assurer l’avenir de notre nation. Je souhaite que la prochaine élection porte sur les grands défis du Québec, pas sur une simple volonté de changement. Je vois bien qu’actuellement plusieurs Québécois souhaitent d’abord du changement, incluant un changement de Premier ministre. Pour le bien de mon parti et surtout, pour le bien du Québec, je vous annonce aujourd’hui que je vais quitter mon poste de Premier ministre du Québec. Je vais rester en place quelques mois, le temps que mon parti choisisse un remplaçant ou une remplaçante. Je tiens à remercier tous ceux qui se sont embarqués avec moi dans cette belle aventure de créer un nouveau parti. Je pense, en particulier, à mon associé, Martin Koskinen. Pendant toutes ces années, on a formé un duo. Martin a été un partenaire brillant, avec un jugement impeccable, en plus d’être un humain exceptionnel! Ce n’est pas simple de fonder un nouveau parti. Il faut convaincre des gens de lâcher un bon emploi pour prendre le risque d’une aventure. J’ai eu la chance de vivre cette expérience 2 fois: une fois avec la fondation d’Air Transat et une autre avec la CAQ. Il n’y a rien de plus emballant dans la vie. Je veux aussi remercier Brigitte, Stéphane, Claude, Lynne, Nicole, Pascal, Charles, Mario, Yves, Dominique, David, Martin, Guillaume, Annabelle, Ewan, Manu, Catherine, Marie-Christine, Stavros, Émilie, Mathias et tous les autres qui m’ont épaulé dans l’ombre toutes ces années. Je veux aussi remercier tous ceux qui ont accepté de se présenter comme candidat de la CAQ, en particulier dans les premières années. Une des réalisations dont je suis le plus fier, c’est que l’équipe de la CAQ soit devenue une famille. J’adore voir tous ceux et celles qui sont devenus des amis. C’est ce qui va le plus me manquer! Une qui a beaucoup aidé à créer cette famille, c’est mon épouse Isabelle. Elle est amie avec tout l’monde. Elle prend le temps avec chacun des membres de l’équipe. Et elle m’a épaulé dans les moments plus durs. Merci Isabelle! Je veux aussi dire merci à mes deux gars, qui ont parfois subi des remarques moins gentilles à cause des positions politiques de leur père. J’aurais voulu leur éviter ça, je les aime tellement! Toute l’équipe de la CAQ doit être fière d’avoir réussi à créer un nouveau parti et à former un gouvernement majoritaire pour deux mandats, seulement sept ans après sa fondation. C’est tout un exploit. Pendant ces deux mandats, chaque jour, j’ai essayé de faire ce qui était le mieux pour vous, les Québécoises et les Québécois, les enfants comme les aînés. Je n’ai pas toujours réussi, mais je peux vous assurer que j’ai toujours donné tout ce que je pouvais! Le premier mandat a été très occupé par la pandémie. J’ai essayé 7 jours sur 7 de sauver le maximum de vies. J’ai essayé de prendre les meilleures décisions avec le peu d’informations qu’on avait. On a réussi à être parmi les premiers à rouvrir les écoles. Et ma grande fierté c’est d’avoir réussi à mobiliser la haute fonction publique pour embaucher et former 10 000 préposés en seulement quelques mois. On accuse parfois la fonction publique de manquer de flexibilité. Dans ce cas-ci, ils ont prouvé qu’ils pouvaient se virer de bord rapidement. Je suis vraiment fier de la solidarité qu’a montrée notre nation dans cette période de crise. J’ai vraiment senti, durant cette période difficile, une complicité avec les Québécois. Ensuite, j’ai souhaité réduire l’écart historique de richesse du Québec avec le reste du Canada. La richesse, ce n’est pas une fin en soi. C’est un moyen nécessaire pour permettre aux Québécois d’être plus autonomes face à notre avenir. Une de mes grandes fiertés, c’est d’avoir réussi, depuis 7 ans, à ce que le Québec ait une meilleure croissance par habitant de son économie et de son salaire moyen que celle du reste du Canada. Ça fait très longtemps qu’on n’avait pas vu ça. Mais, comme partout dans le monde, beaucoup d’entre vous ont été frappés par une explosion du coût de la vie, en particulier sur le logement et l’épicerie. Vous n’avez pas toujours ressenti les efforts de votre gouvernement pour réduire votre fardeau fiscal. Reste que je suis fier du fait que depuis 7 ans, en moyenne votre revenu disponible après impôts et après inflation ait plus augmenté au Québec que dans le reste du Canada. Ces réalisations en économie ont été possibles grâce à une stratégie agressive pour attirer beaucoup plus d’investissements des entreprises. Bien sûr, il y a eu des échecs. Mais il y a surtout eu beaucoup de succès. Cette stratégie nous a aussi permis d’utiliser nos surplus d’électricité et de relancer les grands travaux chez Hydro-Québec. Ces grands travaux vont aider à maintenir de l’activité économique dans toutes les régions pendant la période difficile qui nous attend avec l’incertitude créée par Donald Trump. Ce grand chantier va aussi assurer la prospérité du Québec sur plusieurs générations. J’ai aussi conclu une entente gagnant-gagnant avec Terre-Neuve pour prolonger et rehausser le contrat de Churchill Falls et pour développer un nouveau projet: Gull Island. Malheureusement, le nouveau gouvernement de Terre-Neuve a jugé que l’entente était trop avantageuse pour le Québec. Espérons que nous trouverons une entente gagnant-gagnant dans un proche avenir. Je suis fier aussi du rattrapage qu’on a fait en Santé, en Éducation et en Culture. Depuis 7 ans, les Budgets ont augmenté de 57% en Santé, de 58% en Éducation et de 61% en Culture. C’est du jamais vu! En Santé, on a revu les salaires et on a commencé à remplacer les vieux CHSLD par des Maisons des Ainés avec plus d’espace et plus de lumière. On a aussi finalement réussi à faire accepter aux Médecins de famille, un nouveau mode de rémunération qui va révolutionner la prise en charge des patients. En Éducation, on a revu les salaires, on a ajouté des aides à la classe et on a aussi commencé à bâtir un nouveau concept d’écoles, avec plus d’espace et plus de lumière. En Culture, une de mes grandes fiertés va être l’ouverture, l’été prochain, du premier musée de l’Histoire nationale du Québec. Il est temps qu’on célèbre la grande aventure de notre nation francophone en Amérique! En matière de défense de l’Identité de notre nation, on a adopté des lois marquantes. Entre autres, la loi 21 sur la laïcité pour interdire les signes religieux pour les employés en position d’autorité. On a aussi adopté la loi 96, pour renforcer la Charte de la langue française. Concernant l’immigration, l’explosion du nombre d’immigrants temporaires, en particulier les demandeurs d’asile par le gouvernement fédéral, a accéléré le déclin du français, en particulier à Montréal, à Laval et dans l’Outaouais. Les Québécois doivent être beaucoup plus vigilants pour l’avenir du français et de leur nation. Le Québec forme une belle mais une petite nation qui va toujours être vulnérable en Amérique du Nord. On n’a pas à être gênés de protéger notre langue, notre culture et nos valeurs. Soyons fiers de notre nation! En terminant, je remercie les électeurs de l’Assomption de leur confiance et je vous remercie tous sincèrement de m’avoir confié deux mandats majoritaires. J’aime profondément le Québec et les Québécois. Être votre premier ministre a été pour moi le plus grand honneur de ma vie! Merci. François Legault»
Les personnalités commentent
Josélito Michaud:
«FRANÇOIS LEGAULT LAISSE TOMBER LES GANTS! Fini le combat politique. Après deux mandats. Il voulait en solliciter un autre, il a fait toutes les tribunes médiatiques pour que nous le sachions. Peu importe nos allégeances politiques, un premier ministre vient d’admettre qu’il n’est plus l’homme de la situation. Ça reste toujours un moment particulier qui va marquer l’histoire du Québec. Dur, dur d’occuper cette fonction ultime. C’est un sacrifice. Un chemin de croix. Les heures de gloire sont toujours de courte durée. «La politique est un sport extrême… Je n’ai pas toujours réussi, mais j’ai essayé fort. Beaucoup de Québécois souhaitent du changement», dit-il avec une certaine émotion dans la voix. Force est d’admettre qu’il a perdu ses amis précieux Carmant, Dubé et d’autres au dernier bras de fer contre les médecins. Plus il avançait, plus les vents étaient contraires. Il est de plus en plus seul. L’humain a l’humilité et la lucidité d’entendre l’insatisfaction grandissante de la population envers son leadership, il s’est rendu à la conclusion qu’il ne pouvait plus avancer et avoir les coudées franches pour motiver les troupes pour retourner dans le ring politique. Pour un combattant, aux allures de Rocky, ça doit être humainement difficile de reconnaître cet état de fait. C’est une abnégation totale devant sa volonté de poursuivre malgré tout. Il aura quand même été d’un courage admirable. Malgré la situation instable dans le paysage politique québécois et dans l’attente de l’élection de nouveaux chefs à la tête du Parti Libéral et à la tête de la CAQ, nous attendons des solutions réalistes pour faire face aux grands enjeux économiques, sociaux et les secousses provoquées par les humeurs changeantes de notre voisin américain auxquelles nous sommes confrontés depuis les dernières années. Que pensez-vous de ce départ éventuel de M.Legault?»
Mathieu Lacombe:
«J’ai le cœur gros aujourd’hui. Je veux remercier notre premier ministre, François Legault, pour tout ce qu’il a donné au Québec. C’est lui qui m’a donné la chance de faire de la politique en 2018. C’est lui qui m’a fait confiance en me nommant ministre à seulement 30 ans. À ses côtés, j’ai beaucoup appris sur la politique. La rigueur, la nécessité de se battre pour ses dossiers et l’importance aussi de ne pas oublier sa famille à travers nos responsabilités. Il a également été un grand allié pour moi comme ministre de la Culture et des Communications. Je lui en serai toujours immensément reconnaissant. Merci pour tout, M. le Premier ministre.»
Catherine Fournier:
«Je le dis souvent: la politique, c’est avant tout profondément humain, et au-delà des allégeances, il est important de reconnaître l’engagement de celles et ceux qui décident de se consacrer au service public. François Legault, de par sa longue feuille de route et ses deux mandats comme premier ministre du Québec, fait partie de ces personnes qui ont beaucoup donné à notre société. J’ai eu l’occasion de côtoyer M. Legault à la fois comme collègue à l’Assemblée nationale entre 2016 et 2021 que dans mes fonctions de mairesse depuis ce temps. Nous avions en commun la passion du Québec et la volonté de s’attaquer aux enjeux structurels de notre société. Je l’ai connu comme un homme accessible, respectueux, ouvert aux idées et doté d’un grand sens de l’humour. Malgré nos visions différentes sur plusieurs plans, je suis convaincue qu’il a toujours fait de son mieux dans des circonstances loin d’être évidentes. Même s’il traversait un creux comme il peut en exister plusieurs en politique, il peut partir la tête haute.»
Mike Ward:
«Trudeau est avec Katy Perry, check bien, Legault va se ramasser avec Lady Gaga.»
Anas Hassouna:
«Triste.»
Pascal Bérubé:
«Je connais François Legault depuis 25 ans. Il a été patron, collègue puis adversaire. Au-delà de la politique et de nos divergences, nous avons toujours eu des rapports amicaux et respectueux. Je salue son engagement et lui souhaite des moments doux avec sa famille. Merci!»
Louis Morissette:

Rosalie Bonenfant:
«Impatiente de lire toutes les jokes sur sa soeur qui lui reprochait son manque de temps à la maison pour la cajoler!»

Soraya Martinez Ferrada:
«François Legault a servi le Québec dans des moments déterminants. Je tiens à saluer son engagement indéfectible envers les Québécoises et les Québécois. Il a dirigé le gouvernement à travers des périodes particulièrement exigeantes, notamment durant la pandémie, et a marqué la vie politique québécoise par des décisions qui auront façonné l’avenir du Québec. Je lui souhaite la meilleure des chances pour la suite. Le Québec entame maintenant un nouveau chapitre, et Montréal sera toujours prête à travailler de façon constructive avec le prochain gouvernement afin de faire avancer nos priorités économiques, sociales et urbaines.»

Guy Nantel:
«François Legault démissionne. Vous en pensez quoi?»
Éric Duhaime:
«Personne n’est vraiment surpris aujourd’hui de la démission de François Legault. Hier encore, un sondage Pallas montrait que la CAQ se battait avec QS pour la 5e place, à 11%. Cela étant dit, il a réussi quelque chose de non négligeable en politique québécoise: nous sortir des divisions entre souverainistes et fédéralistes dans lesquelles le PQ et le PLQ rêvent de nous replonger. On peut analyser son règne à la tête de la CAQ en deux temps: celui dans l’opposition de 2012 à 2018, puis, par la suite, ses années au pouvoir. Comme de très nombreux Québécois, j’ai cru le François Legault de l’opposition qui voulait réduire la taille de l’État, remettre de l’argent dans les poches des contribuables, éliminer le déficit, additionner le privé en santé, exploiter nos hydrocarbures, redonner du pouvoir aux régions et défendre l’autonomie québécoise. Force est de constater, après plus de sept ans au pouvoir, qu’il n’a clairement pas atteint ses objectifs. Rappelons, finalement, que l’engagement politique est très dur sur le plan personnel et professionnel. On peut saluer ce service public de plus de 28 ans et lui souhaiter une bonne retraite.»
Paul St-Pierre Plamondon:
«Je tiens à souligner l’engagement sincère du premier ministre François Legault envers le Québec et envers les Québécois. Il aura consacré plus de 25 ans de sa vie au service public, dont 7 ans dans la très exigeante fonction de premier ministre. Il l’a aussi fait dans des moments difficiles, comme la pandémie. Nous devons saluer l’homme et l’ampleur des sacrifices personnels qu’il aura faits pour servir durant de nombreuses années. Malgré nos désaccords profonds sur les causes de nos difficultés collectives actuelles et sur l’avenir du Québec, François Legault aura toujours été sincère dans sa volonté d’améliorer le sort de la nation québécoise. Il aura passé plus d’une décennie au Parti québécois à défendre avec vigueur la nécessité que le Québec devienne un pays. En fondant la Coalition Avenir Québec, il aura poursuivi son engagement pour le Québec en essayant de faire des gains pour le Québec à l’intérieur du Canada. Il aura choisi un chemin différent qui vraisemblablement avait ses limites, mais je tiens à reconnaître cette volonté de faire avancer le Québec et d’en préserver sa spécificité linguistique et culturelle. La journée d’aujourd’hui appartient bien sûr au premier ministre, nous reprendrons les activités et la joute politique normale ultérieurement.»
Geneviève Guilbault:
«Trouver les mots est difficile aujourd’hui, après huit ans aux côtés de François Legault, un amoureux sincère du Québec et des Québécois. Rarissimes sont les personnes qui, dans notre histoire politique, ont fondé un parti, réussi à le porter au gouvernement sept ans plus tard, et obtenu un deuxième mandat majoritaire. La volonté, la détermination et la force qu’un tel exploit requiert commandent un immense respect. À cela s’ajoute évidemment le legs qu’a bâti notre premier ministre. Et sur une note plus personnelle, avoir la chance de partager et d’apprendre autant au contact d’une personne de l’envergure de M. Legault est un grand privilège. Depuis l’élection partielle dans Louis-Hébert en 2017, nous avons parcouru un long chemin. Et je le remercie sincèrement pour sa confiance.»
Patrice Roy:
«Pour le bien de mon parti, et surtout pour le bien du Québec, j’annonce aujourd’hui que je vais quitter mon poste de premier ministre du Québec, Le premier ministre, François Legault, a annoncé sa démission ce matin.»
Sugar Sammy:
«Merci, François Legault. C’était une fun ride.»
Stéphane Laporte:
«Démission de François Legault, qui pourra réinCarney la CAQ?»
Pierre Poilievre:
«Monsieur Legault, Merci pour vos années de service à la tête de la nation québécoise. Personne ne peut douter de votre amour pour le Québec, son identité, sa culture et la langue française. Je vous souhaite le meilleur pour la suite des choses.»
Conclusion
Une année 2026 qui débute sous le signe des discussions, alors que cette annonce suscite visiblement beaucoup de réactions. Nous souhaitons à François Legault, ainsi qu’à sa famille, du bonheur et de la douceur pour les semaines à venir.
En attendant d’en apprendre davantage sur la suite dans ce dossier, on vous invite à consulter notre article, juste ici, qui revient sur le discours livré par François Legault en marge de son annonce, notamment sur les répercussions que cette carrière a eues sur sa famille et ses fils.
Et vous, que pensez-vous de cette annonce? Quelle a été votre première réaction?