«Je voyais qu’il souffrait»: Anne Dorval se confie sur le parcours de son enfant trans
Aujourd’hui, c’est terrible de porter ça aussi, de porter cette culpabilité-là
Avec sensibilité et bienveillance, la comédienne a abordé le cheminement de son enfant, Élie Dorval, partageant son vécu ainsi que les réflexions et apprentissages qui ont marqué cette expérience très intime et personnelle.
Elle évoque notamment la culpabilité qu’elle peut ressentir en repensant à certaines maladresses, tout en soulignant avec sensibilité à quel point elle voit maintenant son enfant s’épanouir.

La peur de voir son enfant malheureux
«(…) J’ai un enfant qui a été malheureux toute son enfance parce que je ne voulais pas comprendre, je pense, ou je n’ai pas… Je comprenais, mais peut-être qu’inconsciemment, j’avais tellement peur que mon enfant soit trop malheureux que je me suis mis des œillères, puis aujourd’hui, c’est terrible de porter ça aussi, de porter cette culpabilité-là, même si on s’entend bien, on parle, on a du fun, on rit, puis Élie m’apprend plein de choses, Louis aussi, qui est queer aussi, mais ils m’apprennent plein de choses. Mais qu’est-ce que tu veux, je pense que je suis un peu lente, puis il y a des affaires que… qui m’ont pris du temps à comprendre, mais… ce n’est pas parce que… ce n’est pas parce que j’étais anti-queer ou… ce n’est pas parce que j’étais fermée à l’idée, c’était vraiment… c’était mon enfant, puis je voyais qu’il souffrait, puis je voulais… j’aurais espéré qu’il souffre moins», témoigne-t-elle avec émotion.

Comment elle l’a vécu
Elle s’est ensuite fait demander comment, en tant que parent, elle a vécu le cheminement de son enfant.
«J’essayais, mais… j’ai essayé du mieux que j’ai pu, mais c’est sûr que j’étais très maladroite, j’ai fait beaucoup, beaucoup d’erreurs, beaucoup, mais je pense qu’Élie n’a jamais douté, mes enfants n’ont jamais douté que je les aimais, qu’ils étaient ma priorité dans la vie, puis plus tard… dans le temps qu’il s’appelait Alice, il a fait son coming-out, il a dit: Je suis lesbienne, et puis après ça, il a fait un autre coming-out, puis c’est encore plus courageux de dire: Je suis non-genré, je ne serai plus Alice, à partir de maintenant je suis Élie, puis ça va être comme ça, puis c’est iel, ça iel… j’ai encore de la misère à dire iel, je dis il parce que quand je dis iel, j’oublie de mettre un verbe après (…) Oh mon Dieu que c’est compliqué pour moi, c’est bien compliqué, mais je vais y arriver. Élie, je vais y arriver, je vais y arriver», explique la maman.

Voir son enfant s’épanouir
Anne a également témoigné à quel point elle avait constaté une différence dans le bonheur de son enfant après son opération visant à retirer sa poitrine.
«Après ça, je l’ai vu, j’ai vu son visage se transformer, j’ai vu son attitude, la façon dont il se tient, il était droit, avant c’était courbé, là, fier, heureux, j’ai découvert quelqu’un qui s’est… qui est né… une seconde fois on dirait… Oui, c’est extrêmement touchant et je… ça fait partie des belles journées de ma vie quand j’ai vu mon enfant heureux comme ça (…) c’est ça quand tu es toi-même et que tu n’es pas obligé de te cacher puis de faire semblant d’être quelqu’un d’autre, bien, c’est ça que ça fait (…) tout le monde devrait pouvoir être libre», affirme Anne.
Un témoignage d’une grande vulnérabilité, qui saura certainement résonner auprès de nombreux parents vivant, ou traversant, un parcours similaire, tout comme auprès des personnes directement concernées. À travers ses paroles, Anne met en lumière toute l’importance de l’écoute, de la bienveillance et de l’acceptation. Nous leur souhaitons beaucoup de bonheur pour la suite.
