José Gaudet aborde avec franchise ce regret familial

Crédit: Serge Cloutier/bonpapaQc
  • José Gaudet se confie avec franchise sur sa paternité au balado Bon papa podcas.
  • Il évoque les défis d’élever deux enfants aux personnalités très différentes.
  • Il reconnaît ses erreurs, notamment ses réactions impulsives et son manque de présence.
  • Son passé familial difficile influence encore sa vision de la parentalité.
  • Il insiste sur l’importance d’écouter ses enfants et de savoir s’excuser.

Invité au balado Bon papa podcast, José Gaudet s’est livré avec une franchise désarmante sur son rôle de père, ses doutes et les apprentissages qui l’ont façonné au fil des années. Aux côtés de Tobie Bureau-Huot, la discussion a rapidement pris une tournure intime, abordant autant les enjeux de société que les réalités bien concrètes de la parentalité.

Une paternité faite d’adaptation et d’imperfections

José Gaudet n’a pas cherché à embellir le portrait. Il a parlé sans détour des défis liés à l’éducation de ses deux enfants, soulignant à quel point leurs personnalités différentes exigent une adaptation constante.

«C’est tout un défi», laisse-t-il sous-entendre en évoquant ces ajustements du quotidien.

Il admet aussi avoir parfois «pogné les nerfs», dit-il en évoquant toutes ces fois où il a été comme «un volcan» notamment face à sa fille, plus revendicatrice dans sa jeunesse, alors qu’elle testait les limites paternelles. Une franchise qui ne masque toutefois pas la fierté qu’il éprouve aujourd’hui envers elle et les valeurs qu’elle incarne.

Au fil de la discussion, une question revient le hanter: s’est-il assez sacrifié pour ses enfants? Pour illustrer ce tiraillement, il raconte un moment marquant avec son fils, qui souhaitait jouer au hockey comme ses amis. Pris dans un horaire chargé entre la radio et la scène, José lui avait expliqué avec simplicité que chaque famille fait ses choix: certains jouent au hockey, d’autres profitent d’un chalet ou d’un quatre-roues. Une réponse honnête, mais qui, avec le recul, nourrit encore sa réflexion.

Capture YouTube balado Bon Papa Podcast

Le poids du passé et des modèles parentaux

En replongeant dans son enfance, José Gaudet met en lumière une relation difficile avec son père, qui peinait à composer avec la sensibilité de son fils. Il commente lui-même: «Il ne me comprenait pas. Mon père avait été intimidé jeune. (…) Mon père me traitait de tap*tte quand j’étais jeune.» Pourtant, avec le recul, il nuance son regard. Il reconnaît un homme imparfait, parfois dur, mais travaillant, qui lui a transmis certaines valeurs fondamentales. Il évoque aussi un cadeau précieux reçu de ses parents: la liberté de prendre des risques, de «se péter la gueule», comme il le dit lui-même.

Un apprentissage qu’il avoue ne pas avoir entièrement reproduit avec ses propres enfants. Par souci de protection, il a souvent eu tendance à intervenir rapidement, à ne pas laisser place à l’inconfort ou à l’échec. Une réflexion lucide sur cette tendance très répandue chez les parents d’aujourd’hui. Il illustre ses paroles: «Ma mère m’a donné un cadeau: elle m’a laissé me péter la gueule, prendre des risques. Moi, je n’ai pas réussi à faire tout ça. Le parent se valorise énormément dans ce qu’il donne à ses enfants.»

Capture YouTube balado Bon Papa Podcast

Présent… mais pas toujours vraiment là

L’un des passages les plus touchants de l’entretien concerne cette impression persistante d’avoir été là sans y être complètement. Lorsque l’animateur lui demande: «Est-ce que tu regrettes?» José répond sans équivoque: «Oui. Comment j’aurais pu être présent pour ma famille…»

Accaparé par une carrière exigeante et animé par des standards élevés, José reconnaît aujourd’hui ce manque de présence comme l’un de ses grands regrets. Lorsqu’il a osé poser directement la question à ses enfants, la réponse de son fils, qui lui reprochait de ne pas avoir assez joué avec lui, l’a profondément ébranlé.

Ces échanges, parfois confrontants, ont toutefois ouvert la porte à des conversations essentielles. José Gaudet a appris à accueillir ces vérités sans se défendre, à écouter sans minimiser. Et surtout, à poser un geste simple, mais chargé de sens: s’excuser.

Pas pour s’auto-flageller, mais simplement pour admettre que même s’il pensait être le père de l’année, il a fait ce qu’il a pu. Et au fond, au-delà des doutes et des erreurs, c’est peut-être là que réside l’essentiel. Reconnaître ses manquements, sans se condamner, et dire ces mots trop souvent retenus: je m’excuse.