Maripier Morin se confie à Ève-Marie Lortie: «Je m’ennuie beaucoup»

Crédit: Captures TVA

Est-ce que je suis assez forte pour soutenir cette campagne-là?

La populaire animatrice et comédienne Maripier Morin était de passage à Salut Bonjour aux côtés de l’animatrice matinale Ève-Marie Lortie afin de discuter du 28 jours sans alcool, une initiative dont elle est l’une des porte-parole. Celle qui a déjà reconnu avoir eu une relation difficile avec la consommation souhaite aujourd’hui utiliser sa voix pour sensibiliser le public et tendre la main à celles et ceux qui vivent avec une dépendance.

Capture TVA

Avec franchise et bienveillance, elle a rappelé l’importance d’en parler sans honte et d’offrir du soutien aux personnes qui en ont besoin.

Cependant, ce passage a aussi pris une tournure plus intime lorsque l’animatrice a été questionnée sur le décès de son frère Raphaël, qui s’est tristement enlevé la vie après avoir lutté contre des problèmes de consommation et de toxicomanie.

Des confidences touchantes

À la demande d’Ève-Marie Lortie, Maripier a confié être présentement dans une phase du deuil marquée par l’ennui, évoquant avec émotion l’absence de son frère et la place immense qu’il continue d’occuper dans son cœur.

Elle qui agit comme porte-parole pour la santé mentale dans le cadre d’une campagne de la fondation Douglas a accepté d’endosser ce rôle en toute conscience, sachant que ce ne serait pas facile. Le deuil de son frère demeure encore très présent, mais elle a choisi de transformer cette douleur en engagement, espérant ainsi aider et soutenir ceux et celles qui traversent des épreuves similaires.

«C’est sûr, quand ils m’ont approchée, une partie de cette campagne-là était vraiment dirigée par le suicide et le projet de recherche que le Douglas a pour créer une corrélation entre la dépression et le suicide. Tout d’abord, il fallait que je me pose la question: Est-ce que je suis assez forte pour soutenir cette campagne-là? Parce que ça m’oblige et ça me force à parler de mon frère, alors que c’est un deuil qui est tout frais et qui est extrêmement difficile à porter, puis qui, dépendamment de la journée… C’est ça», confiait Maripier Morin.

Capture TVA

«Tu en es où dans tes émotions et ta colère, est-ce que tu t’ennuies», demandait Ève-Marie Lortie.

«Je m’ennuie. Oui, je m’ennuie beaucoup. Puis, je pense que c’est normal aussi, mais en même temps, de devenir une espèce de porte-voix, puis de dire aux familles qui vivent ça, qui traversent ce deuil-là, qui est tellement difficile… Il y a des chercheurs quelque part qui essaient de comprendre pourquoi on souffre au point d’être capable de s’enlever la vie. Puis quand on parle du Douglas, c’est vaste les projets de recherche. Oui, il y en a en santé mentale, il y en a sur l’Alzheimer, il y en a sur les troubles alimentaires. Donc leur travail est colossal, puis il est tellement important. Fait que oui, je trouvais qu’à ma petite mesure, j’étais capable de mettre l’épaule à la roue pour au moins en parler un peu sur l’espace public. Ça fait que c’était ma façon à moi aussi de garder mon frère actif. Rendre hommage», répondait Maripier Morin.

Capture TVA

«Êtes-vous capable en famille de parler de lui», relançait Ève-Marie Lortie.

«Pas beaucoup… Oui, on va parler de lui… quand, admettons, on fait à manger: Raf, il aurait mis quoi là-dedans?. Raphaël, il souffrait. Puis le défi 28 jours, c’est aussi ça. C’est de rappeler aux gens qu’on le fait pour nous, pour comprendre aussi notre relation à l’alcool. Mais aussi pour aider des gens qui souffrent de cette maladie-là, puis mon frère en souffrait. Parce qu’avant de se rendre à l’acte ultime, Raphaël, il a combattu des troubles de dépendance toute sa vie d’adulte, à partir de l’âge de 18 ans. Fait que c’est sûr que des fois, les gens me demandent: Tu es-tu tanné de parler de dépendance? Je ne serai jamais tannée parce que les gens qui en souffrent ont un grand sentiment de honte et sont très isolés. Même chose pour les co-dépendants. Les gens qui vivent avec quelqu’un qui a un trouble de dépendance n’osent pas en parler. Ils ont peur qu’on les juge, qu’on les regarde de haut pour rester, pour ceux qui restent, pour ceux qui continuent de les accompagner, pour ceux qui décident de ne pas partir. De les aimer. Oui, de continuer.», terminait Maripier Morin avec émotion.

Toutes nos pensées vont à Maripier, et nous espérons que ses paroles feront écho.