«Nous regrettons»: Juste pour rire fait marche arrière et présente ses excuses

Crédit: Juste pour rire/Serge Cloutier

Après avoir provoqué une vive vague d’indignation dans le milieu artistique en annonçant qu’elle assurerait la production du prochain spectacle de Julien Lacroix, visé par des allégations d’inconduites sexuelles en 2020, Juste pour rire a finalement fait marche arrière et est revenue sur sa décision.

Nous la regrettons et nous la corrigeons

Dans un communiqué diffusé le 13 mars 2026, l’entreprise reconnaît que sa décision initiale «n’était pas la bonne» et présente ses excuses à tous ceux qui ont été «heurtés», affirmant comprendre la réaction suscitée.

Dans ses récentes communications, Juste pour rire déclare qu’il «veut et doit continuer d’être un acteur rassembleur dans la communauté et l’industrie de l’humour, et plus largement dans la société québécoise».

«Diriger le Groupe Juste pour rire vient avec une grande responsabilité, et je le réalise encore plus aujourd’hui», déclare le président et chef de la direction, Sylvain Parent-Bédard.

«Parmi ces responsabilités figure celle de l’écoute. Nous avons écouté aujourd’hui, nous avons reconsidéré notre décision, nous la regrettons et nous la corrigeons», peut-on lire.

De plus, l’entreprise précise qu’elle n’accordera aucune entrevue à ce sujet.

Juste pour rire

Une vague de colère dans le milieu artistique

Rappelons qu’à la suite de cette annonce, plusieurs personnalités ont vivement dénoncé la décision, dont l’humoriste Christine Morency, qui n’a pas tardé à se faire entendre en multipliant les publications sur Instagram.

«La gang. Ça brasse. Je suis déçue de mon milieu. Je suis fâchée d’une décision prise par DEUX personnes. Un homme… et une femme. Une décision qui impacte beaucoup de personnes. J’ai besoin de prendre du recul avant de tenir des propos sous l’élan de la colère. La seule chose que je peux dire en ce moment, c’est que c’est vous qui avez le gros bout du bâton. Sans followers, y’a pas de réseaux. Sans public, y’a pas de show. C’est toi qui décides qui tu encourages. Ou pas. (Puis, je vous reviens avec mon opinion sur la réhabilitation. Concept auquel je crois TRÈS fort, mais dans lequel y’a beaucoup de nuances.) Promis, prochaine fois ce sera une story drôle. C’est juste qu’en ce moment, ce qui est juste pour rire ne me fait pas rire pantoute», témoignait-elle, notamment.

Alice Morel-Michaud et Géraldine Lamarche comptent elles aussi parmi les personnalités qui ont choisi de briser le silence pour faire connaître leur position sur le sujet et exprimer leur indignation.

«Je suis fâchée, voilà, c’est dit! Le problème quand vous séparez l’homme de l’artiste, c’est que les artistes qui sont des femmes, elles, ne peuvent jamais se séparer de leur condition (…) Mais l’homme et l’artiste, ça va. Parce que la réhabilitation, c’est plus important que la réparation des victimes. Parce que nous, notre réparation, ça se fait dans l’ombre, dans le silence, dans le temps. Parce que ça ne vous fait pas de profit (…)», pouvait-on lire dans le texte partagé par Morel-Michaud.

Pour en savoir plus sur ces prises de parole et obtenir davantage de détails sur les récents événements, nous vous invitons à consulter notre article complet sur le sujet, juste ici.

Des excuses ont été présentées, la décision a été rétractée. Reste maintenant à voir si cela suffira à dissiper le malaise provoqué auprès du public et des personnalités du milieu.

Juste pour rire/Serge Cloutier