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Patrice Bélanger aborde un sujet qu’il juge «délicat»

Crédit: Serge Cloutier

Est-ce qu’on a vraiment le droit de juger ça?

Sur les ondes de Rouge FM, au micro de l’émission La gang du matin, l’animateur Patrice Bélanger a présenté son segment La patente à Pat, où il s’est aventuré dans un sujet qu’il qualifie de «délicat».

Une analogie pour mettre la table

«Ce matin, je m’aventure dans un sujet… délicat, qui, je pense, ne laisse personne indifférent (…) C’est un sujet un petit peu plus sérieux», lance-t-il en ouvrant la discussion avec une analogie qui transporte les auditeurs dans une mise en situation.

Il leur a demandé d’imaginer un marathon où tout le monde court à Montréal sur un parcours bien balisé, sauf une personne qui court dans le gazon, en talons hauts, sautant par-dessus des obstacles, pendant que les autres suivent le chemin conventionnel.

«(…) Fouillez-moi pourquoi, mais on dirait que la personne qui ne se l’est pas donné facile, je la trouve impressionnante, je la trouve inspirante. Mais quand tu y penses, elle s’est juste donné plus de trouble pour absolument rien pantoute. Ce n’est pas inspirant de, soi-même, se mettre des bâtons dans les roues (…) Mais c’est plus fort que moi, je trouve souvent que la solution, la façon de faire la moins facile, est la plus… je vais mettre des guillemets là, est la plus «noble». Mais pourtant, la façon la plus rapide ou la plus simple, ce n’est pas nécessairement moins intelligent (…)», lance-t-il en cessant de tourner autour du pot, avant de révéler qu’il parle du sémaglutide, mieux connu sous le nom d’Ozempic ou Wegovy.

Une analyse tout en nuance et en réflexion sur le sujet

«(…) Il y a une partie de moi qui trouve que ces médicaments-là, c’est un peu comme de la triche (…)», ajoute-t-il, en enchaînant avec d’autres exemples imagés pour illustrer son propos.

«Parce qu’on dirait que ces produits-là, ça change complètement la façon dont on perçoit l’effort et le mérite», poursuit l’animateur, en précisant qu’il accorde une grande importance au travail acharné, à la discipline et à la persévérance.

«(…) Maintenant, il y a ces traitements-là qui permettent une perte de poids, qui était peut-être un peu plus sans effort. Est-ce que ça vient effacer toute la valeur de tout ce travail-là des autres», se questionne-t-il, en se remémorant qu’il y a environ 20 ans, la même réflexion entourait la chirurgie esthétique, un sujet alors tabou, devenu aujourd’hui presque banal, selon lui.

«Si ça aide une personne à mieux se sentir, est-ce qu’on a vraiment le droit de juger ça? Est-ce que c’est de la triche? En fait, pourquoi est-ce qu’on se donne le droit de commenter l’apparence physique des gens? Je n’ai absolument pas la réponse, mais je suis pas mal convaincu qu’il n’y a pas de bonnes ni de mauvaises réponses. Il y a juste un nouveau moyen qui est apparu sur le marché, qui est maintenant disponible, et on passe toujours, quand ces affaires-là arrivent, par la même phase, les mêmes étapes: fascination, jugement, ah, acceptation. On dirait que notre rapport à la beauté évolue plus vite que notre capacité à la comprendre. Puis là, avec Wegovy puis Ozempic, il y a aussi l’enjeu moral, parce que ce sont des médicaments d’abord créés pour accompagner les diabétiques, et aujourd’hui, on les utilise pour des raisons esthétiques (…)», réfléchit Bélanger, en mentionnant les nombreuses publicités sur le sujet affichées un peu partout.

Un peu plus tard, il ajoute que, de nos jours, lorsqu’une personnalité connue perd du poids, elle reçoit une foule de messages lui demandant comment elle y est parvenue. Si elle affirme l’avoir fait naturellement, on ne la croit pas, tandis que si elle admet avoir eu recours à un produit, on le lui reproche.

«Je ne sais comme plus où je me situe par rapport à tout ça, parce qu’évidemment, tout ce qui est esthétique, c’est excessivement délicat», avoue-t-il.

Le mot de la fin

«Ce que je sais, par exemple, j’en suis persuadé, on doit apprendre à s’aimer. Mais aujourd’hui, on a accès à ces soins-là, à des outils, à des opérations accessibles qui permettent de changer notre apparence en un claquement de doigts. Et peut-être (…) notre estime de soi peut être complètement transformée. Alors, est-ce que c’est mal? Pourquoi est-ce qu’on devrait se priver de ça? Si ça nous rend vraiment bien, pour de vrai, pourquoi ne pas y aller? Donc, j’ai vraiment pas les réponses à mes questions. Je suis en processus, peut-être comme vous toutes et tous. Mais ce que je sais, c’est qu’on a une seule vie, un seul corps, et qu’on est mieux d’apprendre à être bien dedans. Parce qu’on passe beaucoup de temps à focuser sur nos petits complexes (…) le plus important, c’est pas de quoi on a l’air, c’est d’être en santé et comment on se sent (…)», conclut-il.

Rappelons que dans les dernières années, plusieurs personnalités ont publiquement avoué avoir utilisé Ozempic ou un médicament amaigrissant similaire.

Et vous, êtes-vous aussi partagés que Patrice face à la situation?