C’est violent. Puis, c’est un deuil.
Patricia Paquin était de passage au tout nouveau balado On vide notre sac, animé par son ancienne collègue de radio et amie Anaïs Favron. Fidèles au concept, comme l’indique le titre, les deux complices ont «vidé leur sac» sur une foule de sujets particulièrement intéressants.
Dès les premières minutes de l’épisode, l’animatrice a invité sa collaboratrice à revenir sur un sujet qui a énormément fait jaser: son congédiement des ondes, à Rythme FM.
Retour sur la situation racontée par Patricia elle-même
«Ça peut arriver dans n’importe quel domaine, tu sais: une usine qui ferme, des coupures de postes… Ça reste que c’est… Il y a une violence là-dedans. Il y a une violence parce que c’est ton quotidien, c’est tes amis. Tu sais, combien de monde qui se fait rencontrer à la fin d’une journée pour te dire: Bien, c’était ta dernière journée. Les RH vont t’accompagner pour aller mettre ton stock dans une petite boîte et quitter cet immeuble dès maintenant, alors que tu n’as pas dit bonjour à tes collègues, alors que tu n’as pas profité de tes derniers moments. C’est violent. Puis, c’est un deuil. Puis moi, bien, ça faisait beaucoup de deuils que je vivais cette année-là. Donc moi, c’est ça que je retiens: ç’a été violent», témoigne-t-elle, alors qu’Anaïs lui demande de spécifier le déroulement de la situation.
«C’est ma gérante qui m’a appelé. Je sortais de la piscine à Walt Disney, puis je vois que j’ai un message le vendredi, genre il est cinq heures le soir (…) j’ai regardé mon ami, j’ai fait: C’est soit une très bonne nouvelle ou soit une vraiment mauvaise nouvelle, comme par instinct, tu sais. Et j’ai appelé, puis effectivement elle a dit: Bon, bien Patricia, je t’annonce que lundi tu ne rentres pas à la radio, c’est terminé. Puis là, tu fais comme: Ah, bon, d’accord», se remémore-t-elle.

Une façon très peu délicate de faire les choses?
«Peu importe qui te remplace, qu’est-ce qui arrive, la résultante est la même: tu ne rentres pas le lundi suivant. Puis moi, je suis en vacances, je suis avec ma famille à Walt Disney (…) c’est la magie de Disney. Il me reste encore deux jours parce que moi, je reviens dimanche, donc je ne veux pas me laisser atteindre. Et moi, surtout, Anaïs, je suis là avec ma famille et mes amis pour décrocher d’une année éprouvante et pour dire merci à mes enfants, à mon chum d’avoir été là. Puis c’est comme un cadeau que j’offre à mon monde (…) Puis là, ça finit de même», soutient Paquin, même si elle affirme comprendre le côté business derrière ça.
«Moi, c’est toujours dans la manière de faire les choses. Tu ne peux pas me dire, un mois avant, aux funérailles de mes parents, de m’envoyer un bouquet de fleurs puis de me dire: On est là pour toi, puis un mois après me sacrer à la porte. C’est violent (…) Moi, plus personne ne me parle après ça. Moi, je n’ai pu parler à personne: pas les animateurs, pas Marie-Ève, mais les gens de la station, personne ne m’appelle pour me dire: Hey, c’est poche, hein. Câline, ça ne finit pas bien», explique-t-elle.
Appréciée des auditeurs, des gens du milieu et du public, Patricia confie avoir reçu une multitude de messages à la suite de l’annonce: une véritable vague de soutien et d’amour.
Aurait-elle souhaité que ses collègues quittent avec elle?
L’animatrice lui a alors demandé si, elle qui a déjà quitté un mandat à la suite de coupures avec lesquelles elle n’était pas d’accord, aurait secrètement souhaité que tout le monde parte aussi, tout en précisant que ce n’est pas une option que tout le monde peut se permettre.
«Oh non, non, non, non (…) on est tous des travailleurs autonomes, on a besoin de travailler. C’est une passion aussi, tu sais, quand tu es en communication», affirme-t-elle.
«Mais aurais-tu été contente», renchérit Anaïs.
«Bien, j’aurais trouvé ça grandiose… Contente, je ne sais pas, mais ça aurait été un move un peu surdimensionné. C’est parce que, dans notre métier, ça peut arriver (…) Non, je n’ai jamais rêvé à ça (…) Ça aurait été vraiment grandiose comme coup d’éclat», réitère Patricia.
Selon Anaïs, cette décision aurait provoqué une véritable vague à l’interne: tout le monde aurait réagi, avec l’impression que la gang soudée d’autrefois n’existait plus vraiment.
Rappelons que, depuis le départ de Patricia, Maripier Morin l’a remplacée. Marie-Ève Janvier a ensuite dû s’absenter pour une pause professionnelle afin de prendre soin d’elle, et c’est Sébastien Benoit qui assure actuellement l’animation en son absence.
Nous souhaitons une excellente continuité à Patricia pour la suite.