Patrick Huard: «J’ai tout remis mes salaires»

Crédit: Capture ICI Télé

On n’a pas les moyens

Chaque dimanche soir, Tout le monde en parle rassemble des milliers de Québécois devant leur écran. Animée avec aplomb par Guy A. Lepage et cette fois épaulée par Pierre-Yves Lord, l’émission est devenue au fil des années un véritable rituel.

On y refait l’actualité, on y débat, on y rit… et surtout, on y découvre les personnalités d’ici sous un angle souvent plus intime. Parmi les invités de la plus récente émission se trouvait Patrick Huard, venu parler d’un projet qui lui tient à cœur depuis longtemps : la nouvelle série inspirée de l’univers des films de Bon Cop, Bad Cop. Voilà des années qu’il évoque ce retour tant attendu, laissant planer l’excitation chez les fans. Plusieurs espéraient voir ce projet se concrétiser… et c’est finalement chose faite.

Derrière cette annonce, il y a des années de travail acharné, de réflexion et de passion. Huard, homme aux multiples talents — acteur, scénariste, réalisateur — continue de prouver pourquoi le public québécois l’apprécie autant. Et cette nouvelle aventure promet déjà de faire beaucoup jaser.

D’ailleurs, lors de son passage, Patrick Huard s’est aussi ouvert avec franchise sur un enjeu qui le préoccupe: le financement de la culture. Il a expliqué que les sommes investies par le gouvernement ne sont pas suffisantes pour soutenir adéquatement des projets.

Dans le cas de la série inspirée de Bon Cop, Bad Cop, les aides financières reçues auraient été minimes comparativement aux coûts réels d’une production de cette ampleur. Une réalité qui complique grandement le travail des créateurs d’ici. Il a d’ailleurs confié avoir lui-même investi énormément de ses poches.

«En fiction les budgets on baissé de 35% depuis 2023. La dernière fois que j’ai checké, le gaz n’a pas baissé de 35 %, le deux par quatre n’a pas baissé de 35 %, la main-d’oeuvre n’a pas baissé de 35 %», confiait Patrick.

Des conséquences pour Bon cop Bad cop?

«Ça a été quoi les conséquences sur Bon cop Bad cop, par exemple?», voulait savoir Guy.

Capture ICI Télé

«Ça a été, de ce point de vue-là, ça a été extrêmement difficile. Puis c’est de se déplacer pour aller tourner à l’extérieur. Il faut être fou pour faire ça», répondait l’homme aux multiples talents.

«Est-ce que ça a été déficitaire?», demandait à son tour Pierre-Yves.

Pas de salaire pour Huard 💵

«Moi, j’ai… Je ne suis pas gêné de le dire. J’ai travaillé deux ans bénévolement. J’ai tout remis mes salaires. J’ai tout remis dans la série. J’ai remis mes salaires de réalisateurs de cinéastes, d’acteurs, de producteurs. J’ai tout remis dans la série, sinon c’était impossible de le faire. Et puis, quand tu vas aller tourner à l’extérieur, tu es toujours dans un catch-22. Ça coûte une fortune à aller tourner à l’extérieur, mais les gens qui sont à l’extérieur du plateau Mont-Royal ont le droit de se voir à la télé. Ils ont le droit de se reconnaître dans nos histoires (…) On parlait du territoire tantôt, c’est la plus belle richesse qu’on n’a pas les moyens, nous, comme créateurs, de le montrer», lançait Patrick.

Capture ICI Télé

Un point important soulevé par Patrick Huard, qui n’est pas passé par quatre chemins. Son témoignage met en lumière une réalité bien concrète pour les artisans d’ici. Souhaitons maintenant que les créateurs québécois puissent bénéficier de budgets à la hauteur de leur talent.

À quand la série?

Ne manquez pas la série Bon Cop, Bad Cop, disponible sur Crave dès le 7 mai.