Je n’aurais pas été capable, je pense, d’avoir une fille. J’aurais capoté.
Parmi ces rencontres, Paul s’est notamment entretenu avec Pascale Renaud-Hébert, qui a abordé avec lui des sujets plus intimes, sa vie familiale, son parcours et ses enfants, dans un échange à la fois sensible et sincère.
Assise face à lui, Pascale Renaud-Hébert lui a demandé ce que cela avait représenté, pour lui, d’élever des garçons, lui qui en a deux.

Il aurait été incapable d’avoir une fille?
«Un défi d’abord (…) parce qu’il n’y a pas de manuel d’instructions, puis mes enfants, je les ai eus jeune… En fait, moi, le premier, j’avais quoi? 25 ans. Puis le deuxième, pratiquement 27. Donc, des enfants, très jeune. Je travaillais beaucoup, mais en même temps, je faisais l’émission du matin. Je veux dire, l’après-midi, la plupart du temps, j’étais chez moi. Je n’ai pas déjeuné avec mes enfants parce que je travaillais, mais je passais beaucoup de temps avec eux quand même. Puis bon, je me suis séparé: ils étaient ados, donc ça crée des dynamiques différentes. Mais je n’aurais pas été capable, je pense, d’avoir une fille. J’aurais capoté», témoigne-t-il, enchaînant avec cette déclaration qui a étonné Pascale, qui lui a alors demandé pourquoi il croyait qu’il n’en aurait pas été capable.
«Ma conjointe a une fille, puis de dire: Ok, elle s’en va où?… Puis, ce n’est pas que je ne fais pas confiance… Mais c’est comme», explique Paul, voulant dire qu’il aurait été plus inquiet.

Paul Arcand a-t-il été assez présent pour ses enfants?
L’hôte de cet échange l’a ensuite relancé en lui demandant comment ses enfants le décriraient, et ce qu’il ajouterait, lui.
«Ce qu’ils ne me diraient pas probablement, c’est que j’aurais pu être plus présent. Je le vois, puis je ne parle pas juste de moi: moi, je suis une génération de parents qui ont beaucoup travaillé, puis c’est un choix, puis je l’assume pleinement. Donc, beaucoup travailler, ça veut dire être moins disponible. Je vois que, pour mes enfants, de passer du temps de qualité, là, pas juste du temps avec leurs enfants, c’est important. Donc, ils diraient probablement que j’en ai peut-être pas passé assez avec eux… Probablement, aussi, qu’ils pourraient (rires) décrire mon sympathique caractère. Je me souviens, ils étaient petits et, tu sais, tu as toujours un problème avec un service à la clientèle quelque part, tu sais. Donc, moi, j’appelais, puis ils s’asseyaient, ils étaient petits, sur le lit, puis ils me regardaient», raconte-t-il en reproduisant la scène et ses échanges, amusé de voir ses enfants s’en réjouir et en redemander.
Pascale a ensuite souligné qu’il leur avait sans doute transmis l’importance d’exprimer clairement leurs besoins. Il a acquiescé, disant qu’il croyait que oui.

Conclusion
Un échange touchant, qui met en lumière une réalité partagée par bien des parents: le choc entre générations, l’évolution des attentes… et les choix de vie qu’on fait, parfois au prix de certaines choses.
Être parent, comme le dit Paul, ne vient pas avec un manuel d’instructions. Et parfois, puisque c’est la première vie de tout le monde, on avance à tâtons, en faisant de notre mieux et en apprenant au fur et à mesure…
Vous êtes-vous reconnu dans cet échange? Avez-vous fait des choix que, aujourd’hui, vos enfants pourraient vous dire qu’ils auraient aimé voir autrement?
