Quentin Tarantino a mis en garde Anne‑Marie Withenshaw contre Harvey Weinstein
Une jeune blonde qui arrive avec une assiette pleine de bouffe
Anne-Marie Withenshaw a assurément marqué toute une génération à l’époque de MusiquePlus. Au fil des années, elle est aussi devenue une véritable source d’inspiration pour de nombreux jeunes, grâce à sa curiosité, son audace et son regard ouvert sur le monde culturel. Elle a d’ailleurs eu la chance d’interviewer une multitude de vedettes et d’aller à la rencontre de plusieurs des plus grandes stars internationales.
Il va sans dire qu’aujourd’hui, le métier a profondément changé. C’est précisément dans cette optique qu’elle était de passage à l’émission Dans les médias, en compagnie de Marie-Louise Arsenault. Un échange riche et pertinent, au cours duquel Anne-Marie Withenshaw est revenue avec beaucoup de franchise sur cette époque complètement différente de celle d’aujourd’hui.
Elle a notamment abordé le fait que, dans ces années-là, les femmes n’étaient pas nécessairement mises de l’avant de la même façon, que le discours féministe était beaucoup moins présent dans l’espace public et médiatique, et que tout cela se déroulait bien avant le mouvement #MeToo.

Des paroles de Quentin Tarantino à Anne-Marie Withenshaw, qui la mettaient en garde contre Harvey Weinstein
C’est aussi dans le cadre de cette discussion à cœur ouvert avec l’animatrice qu’Anne-Marie Withenshaw est revenue sur un évènement marquant de son passé. Un souvenir qui, avec le recul, prend aujourd’hui tout son sens… même si, à l’époque, elle n’en avait pas du tout saisi la portée.
Elle comprend que c’est après les nombreuses allégations d’agressions sexuelles visant le producteur Harvey Weinstein, présentement condamné à 16 ans de prison en Californie, qu’elle a réellement compris les paroles que lui avait adressées le grand réalisateur Quentin Tarantino.
«C’était a une autre époque (…) La fin des années 90, le début des années 2000, c’était avant MeToo, bien sûr. Vous, vous avez croisé Harvey Weinstein avec Quentin Tarantino dans un ascenseur», demandait Marie-Louise.
«(…) J’étais à Los Angeles, j’étais affectée pour la couverture d’un film de Tarantino, je pense que c’était Death Proof. Ce n’était pas un de ses grands films. Mais bref, j’étais là pour interviewer Quentin Tarantino. Évidemment, son producteur à l’époque de Miramax, c’était Harvey Weinstein. Et les journalistes du monde du cinéma étaient traités à cette époque-là comme des blogueurs d’aujourd’hui ou les YouTubers d’aujourd’hui. C’est-à-dire, t’es là deux jours à l’hôtel pour une entrevue de quatre minutes, vous en avez filmé (…) Les junkets à l’époque. Donc, je me sers un petit lunch au buffet entre mon entrevue avec Star numéro 1 puis Star numéro 2 du film. Et là, j’ai une grosse assiette de nourriture étant gourmande. J’entre dans l’ascenseur, les portes ouvrent, il y a Quentin Tarantino qui sort de l’ascenseur. Il y a Harvey Weinstein qui est dans l’ascenseur. Et là, il me dit: Oh, a blonde girl with a plate full of food getting into an elevator with Harvey Weinstein. Be careful. Mais moi, je ne le sais pas à l’époque. Je suis comme… je ne comprends pas nécessairement ce que ça veut dire. Mais c’était plein de sens. C’était comme: Ah wow, une jeune blonde qui arrive avec une assiette pleine de bouffe. Soyez prudente. Harvey est très gourmand», ajoute-t-elle.

«Il n’est pas passé à l’acte. Vous n’avez rien vécu», voulait savoir l’animatrice.
«Mais non, je suis débarquée au quatrième. Mais des années plus tard, au moment du Me Too, j’ai vraiment fait comme: Oh, là, là, OK. Tu sais, comme, Hollywood était au courant», ajoutait Anne-Marie.
Une histoire à la fois effrayante et profondément troublante, qui laisse difficilement indifférent.