Sabrina Cournoyer partage une anecdote troublante afin de sensibiliser la société
La chroniqueuse culturelle qu’on a le bonheur de voir chaque matin à Salut, Bonjour! vient de partager un message troublant qui vise entre autres à sensibiliser les gens et à faire comprendre aux coupables l’ampleur de leurs gestes.
Dans un texte qu’elle a publié sur sa page Facebook officielle, Sabrina Cournoyer raconte d’abord une anecdote en lien avec son vendredi soir : « Hier, j’étais dans un bal qui réunissait des centaines de jeunes professionnels. Une soirée qui vise à ouvrir la discussion entourant la santé mentale. Un magnifique événement avec un objectif totalement noble. Je passais une soirée mémorable avec mes amis. On a ri, on a bien mangé, on a dansé. C’était sérieusement une des belles soirées de mon année. La soirée était parfaite. Jusqu’à ce qu’un inconnu me pogne le cul. Ça l’air cru, dit de même, mais c’était cru aussi quand c’est arrivé. Net, frette, sec. De même. Je suis passée à côté d’un gars qui m’a agrippé le cul, comme ça, juste pour le fun ».
La belle nous partage ensuite le déroulement du reste de sa soirée et les sentiments qui l’ont hantée et qui la hantent toujours : « Je me suis arrêtée, je l’ai regardé alors qu’il a détourné les yeux, et la seule chose qui est sortie de moi, c’est un très prompt : ‘Excuse-moi, est-ce qu’on se connaît?’ Il a continué de m’ignorer alors que j’étais face à lui. J’ai répété ma question, sur le même ton, mais en insistant davantage su chacun des mots. Et il m’a regardé du coin de l’oeil avec une face qui voulait dire ‘C’est quoi ton criss de problème?’, mais sans me répondre quoi que ce soit. Il regardait sa gang de boys avec sa face de ‘Voyons, quessé qu’elle me veut, ELLE?’ Et je suis partie. Parce que je ne pouvais pas endurer une seconde de plus que ce soit moi qui soit en train de passer pour une folle quand tout ce que j’ai fait, c’est d’essayer de faire comprendre à quelqu’un que ce qu’il venait de faire, c’était complètement wrong.
J’ai rejoint mes amis. Ils ont bien vu que quelque chose n’allait pas. Je n’avais plus envie d’être là. Je me sentais vide. Mal. Agressée. Parce que oui, c’est une agression. J’ai eu envie de monter sur le stage, de dire au DJ d’arrêter la musique, d’allumer les lumières et de me donner un micro. Pour raconter haut et fort ce qui venait d’arriver. Pour pointer cet homme qui est resté dans l’ombre et qui a sûrement pogné le cul à une tonne d’autres filles hier en leur faisant croire que c’était ELLE le problème. Et le problème ici, ce n’est pas non plus la soirée en particulier. Parce que ça aurait pu se passer dans un bar. Dans un party chez quelqu’un. Dans un festival. Dans une foule. Dans la rue.
Le problème, c’est que cet homme-là, aujourd’hui, se sent bien. Il passe très probablement une belle journée. Moi, pendant que j’écris ce texte, je tremble et je pleure. Et j’ai une envie de vomir qui me reste dans la gorge.
J’aurais pu passer une soirée magnifique. Mais aujourd’hui, le fun que j’ai eu avec mes amis, c’est pas ce qui me revient en tête. Ce qui me reste en tête et dans la peau, c’est de la colère. De la déception. Du dégoût. Et même de la culpabilité. Même si je sais consciemment que je n’ai rien à me reprocher. Moi, je ressens de la culpabilité, alors que cet homme n’en ressent peut-être (probablement) même pas un mini-peu. Oui, je portais de jolis vêtements et des talons hauts. Oui, je portais du maquillage et du rouge à lèvres. Oui, je souriais parce que j’étais bien et que je passais du bon temps avec mes amis. Mais en aucun temps, ces raisons-là ne sont valables pour agripper le cul d’une fille. Comme ça, random dans une soirée. Quand y’a tellement de monde autour que tu te dis ‘Personne va me voir faire ça anyway, tout est cool. Ça m’tente. J’ai ben le droit de faire ce que je veux’.
Ce n’est pas normal que je sente ta main sur moi avant même d’avoir vu ton visage.
Ce n’est pas normal que tu ne te sois même pas au minimum excusé quand je me suis adressée à toi.
J’ai hésité à écrire ces mots, aujourd’hui. Mais je me suis dit que si ça pouvait faire réfléchir une seule personne à propos de ses agissements et l’inciter à changer son attitude, ça serait au moins ça. Et si ça peut motiver les victimes de ce genre de geste à confronter leur agresseur ou encore à ne pas garder ça en-dedans, ben ce serait aussi ça de gagner. Quand j’y pense? J’étais quand même dans une soirée bénéfice pour la santé mentale des jeunes. C’est un peu absurde.
On se sent pas plus léger quand on se vide le coeur par rapport à ce genre d’affaires-là.
Mais j’me sens plus légère de simplement rêver qu’un jour, ce genre d’affaires-là n’arriveront plus ».
On envoie beaucoup d’amour et de soutien à Sabrina et à toutes les victimes de tels gestes inacceptables. Espérons que ce message sera lu et compris par ceux qui croient qu’une action de la sorte soit anodine.