Une confrontation éclate entre Anne-Élisabeth Bossé et Serge Denoncourt
Excuse-moi, mais c’est hors sujet, puis ce n’est pas très pertinent de dire que…
Anne-Élisabeth Bossé et Serge Denoncourt étaient récemment invités sur le plateau de l’émission On va se le dire, animée par Sébastien Diaz. Fidèles au concept de l’émission, ils y ont abordé ensemble une foule de sujets qui suscitent beaucoup d’attention dans l’actualité.
Impossible de passer à côté de la nouvelle série canadienne Heated Rivalry, offerte notamment sur Crave. On y suit une liaison secrète, intime, amoureuse et complexe, mais surtout brûlante, entre deux joueurs de hockey rivaux. Un projet télévisuel inspiré des romans de Rachel Reid.
Elle est sur toutes les lèvres, et maintenant aussi sur celles des invités du talk-show de Sébastien Diaz, qui se sont à leur tour prononcés sur le sujet.
Le ton de l’échange était donné dès le début de l’épisode: la personnalité émerveillée et joyeuse d’Anne-Élisabeth contrastait avec celle de Serge, qui, sourire en coin, semblait la taquiner, voire un peu la juger, à quelques reprises. Rien de surprenant lorsque l’on connait le personnage qu’il est.
C’est dans un segment intitulé Le choix du public que le sujet de cette série tendance a été abordé, à la demande de nombreux fans de l’émission, une preuve de plus de la popularité de ce nouveau projet.
«Ne commence pas avec moi», lance aussitôt Serge, lorsque Sébastien mentionne qu’il a hâte d’entendre ses invités sur le sujet.
Point de rupture: le débat s’enclenche
De retour après une bande-annonce servant à mettre le sujet en contexte, Anne-Élisabeth a livré un bref résumé de l’intrigue, avec l’enthousiasme spontané de quelqu’un qui a vraiment adoré la série.
«C’est Roméo et Juliette au hockey», lâche Serge, l’air peu impressionné.
«Il y a mon grand ami qui joue là-dedans, donc j’ai beaucoup d’intérêt, moi, pour Heated Rivalry», explique Bossé, à propos du comédien québécois François Arnaud, soulignant à quel point sa vie a changé depuis. Elle ajoute ensuite que, pendant cette période, ils pratiquaient tous les deux le patin en vue de leurs projets respectifs, Les Furies pour Anne-Élisabeth, et qu’ils échangeaient sur leur expérience au fil de la préparation.
«Cette série a fait du bien à tellement de gens… Hey… Je suis stressée, Serge, parce que je sais que tu as haï ça (…) Il y a tellement de gens qui se sont sentis représentés (…) On a comme, un peu aussi… enlevé le tabou autour du sexe homosexuel, je trouve», déclare la comédienne.
«Non», affirme d’un ton sec Serge.
«Bien, je ne sais pas, mais, en tout cas, on le montre (…)», contredit, selon son expérience, Bossé.

Ce que Serge reproche à la série et la tension grimpe
«Mais c’est ça, Anne-Éli, mon problème. C’est que je pense que la série est importante parce qu’elle parle d’homosexualité dans un milieu où on n’en parle pas. Ça, c’est un phénomène social, c’est bien, bien intéressant qu’on en parle… Ce n’est pas bon. Ce n’est pas bon», déclare fermement Denoncourt.
«Mais, ça, c’est vraiment une question d’opinions», rectifie Anne-Élisabeth.
«Les deux acteurs ne sont pas bons», réitère Serge.
«Hein», s’exclame Sinem Kara, également présente sur le plateau, visiblement incapable d’en croire ses oreilles.
«Ils ont eu 5 millions pour faire ça, ça paraît. Donc, je trouve qu’on mélange deux affaires: l’importance du sujet, puis la série, elle est-tu bonne? C’est un roman Arlequin. À part qu’ils ont des patins, puis, que c’est deux gars, c’est un petit roman Arlequin», enchaîne-t-il, pendant que l’animateur acquiesce et va dans le même sens que Serge.
Denoncourt raconte s’être rendu jusqu’à l’épisode où le personnage de François Arnaud fait son coming out. Il dit avoir trouvé la scène très réussie, et souligne d’ailleurs que François est bon, mais insiste: ce n’est pas ça, le problème.
«Si c’était un homme et une femme, cette série-là…», tente d’avancer Serge.
«Excuse-moi, mais c’est hors sujet, puis ce n’est pas très pertinent de dire que si c’était un gars puis… C’est que ce n’est pas un gars, puis une femme. C’est que c’est deux gars dans le milieu, dans une ligue où il n’y a jamais eu de coming out. C’est vraiment différent», le coupe Anne-Élisabeth.
«La direction n’est pas belle, puis les deux acteurs principaux ne sont pas bons. Le scénario n’est pas bon. Les dialogues ne sont pas bons», martèle Serge, une fois de plus.

Des désaccords, un consensus et un avertissement
«Hey, mais, moi, je ne suis pas d’accord (…) J’ai adoré ça, j’ai aimé le jeu, j’ai aimé tout, tout, la réalisation. Peut-être que c’est moi qui ne vois pas avec les mêmes yeux que toi», intervient Sinem, s’adressant directement à celui qui ne partage pas son point de vue.
Présent sur le plateau, Paul Journet, qui détient une scolarité de maîtrise en philosophie, a avancé qu’il pourrait s’agir d’un stéréotype lié à un phénomène social. Il a toutefois souligné qu’il est frappant de voir qu’il y a autant de joueurs dans la Ligue nationale, sans qu’aucun n’ait encore fait son «coming out» pour en témoigner publiquement.
Au final, Serge et Anne-Élisabeth se sont entendus sur un point: la série est un véritable phénomène. Denoncourt a toutefois tenu à préciser qu’il ne voulait pas se faire coller l’étiquette d’homophobe, insistant sur le fait que ce n’est pas parce qu’il est homosexuel qu’il doit automatiquement trouver la série bonne.
Maintenant que tout est dit, on veut savoir: team Anne-Élisabeth ou team Serge? (On parle de la série, évidemment!)
