2026 s’annonce chargée en termes d’élections à l’international. Voici celles à surveiller cette année, de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe.
2026 s’annonce chargée en termes d'élections à l'international. Voici celles à surveiller cette année, de l'Asie à l'Amérique en passant par l'Europe.
Hongrie
2026 pourrait voir la fin de la plus longue période de pouvoir ininterrompu dans l’Union européenne, c’est-à-dire celle du ministre hongrois Viktor Orbán. Ce dernier a occupé ce poste entre 1998 et 2002, et de nouveau de 2010 à aujourd’hui. Il est considéré comme un proche des présidents de la Russie, Vladimir Poutine, de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, et des États-Unis, Donald Trump. Orbán a donné une orientation nationaliste et conservatrice aux politiques du pays, n'hésitant pas à afficher ses liens avec d'autres mouvements d’extrême droite en Europe. Il se présentera donc aux élections pour un sixième mandat en avril, confronté à un adversaire de centre droit: Péter Magyar. Ce dernier a été membre du parti d’Orbán, le Fidesz (Union civique hongroise), pour ensuite devenir chef de l'opposition du Tisza (Parti Respect et liberté), en 2024. Selon Euronews, les derniers sondages placent Tisza en tête des intentions de vote.
Brésil
Les élections nationales du Brésil sont prévues pour octobre 2026. Le président de gauche âgé de 80 ans, Luiz Inácio Lula da Silva, a annoncé qu’il briguera un nouveau mandat en position de force face à une droite divisée. Cette coalition est fragilisée depuis la condamnation, en septembre, de son ancien leader Jair Bolsonaro. Ce dernier purge actuellement une peine de vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d'État. Son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro, a été propulsé candidat pour tenter de reprendre le flambeau. Les sondages indiquent une avance pour Lula, avec 45%-50% au second tour, prévu le 25 octobre, contre 40% maximum pour ses adversaires potentiels, rapporte le média RTBF.
Haïti
Les autorités haïtiennes de transition ont annoncé en décembre la tenue d’élections législatives et présidentielles le 30 août prochain. Haïti n’a pas organisé d’élections en neuf ans et se trouve sans président depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021. L’organisation des élections s'avérera toutefois un défi pour les autorités de transition dans ce pays aux prises depuis longtemps avec la violence des gangs. La situation s’est aggravée depuis début 2024, lorsque le Premier ministre de l’époque, Ariel Henry, avait été poussé à la démission par ces groupes armés, qui contrôlent désormais 90% de Port-au-Prince, selon l’ONU.
Israël
États-Unis
Le 3 novembre 2026, les États-Unis renouvelleront l’intégralité de la Chambre des représentants (435 sièges) et un tiers du Sénat (35 sièges). Ces élections représentent habituellement un test pour le président en poste. Les républicains détiennent présentement la majorité des sièges dans les deux chambres du Congrès. Toutefois, en mi-décembre, Donald Trump a reconnu pour la première fois que les Républicains pourraient perdre le Congrès lors d’un entretien avec le Wall Street Journal: «J'ai créé la plus grande économie de l'histoire. Mais il faut du temps pour que les gens s'en rendent compte», affirmait-il. En effet, seulement 31% des Américains s’estiment satisfaits des politiques économiques du président, selon une récente enquête d’opinion de l’université de Chicago pour l’agence AP.
Bangladesh
Colombie
L’actuel président Gustavo Petro ne pourra pas se présenter pour un second mandat, la Constitution l’interdisant. Des élections législatives se tiendront en mars, avant les élections présidentielles de mai 2026. La coalition de gauche, Pacte historique, qu’il représentait en 2022, a choisi son candidat en octobre dernier: le philosophe Ivan Cepeda, favori dans les sondages pour l’instant. Ce dernier affrontera entre autres l'avocate et philosophe Paloma Valencia, issue du parti Centre démocratique de l’ancien président de droite Alvaro Uribe. Face à eux se tiendra également un autre candidat de droite, l’avocat Abelardo de la Espriella.
Suède
En septembre, les Suédois seront appelés aux urnes pour des élections législatives qui désigneront les députés, chargés ensuite d’élire le Premier ministre. «Lorsque la Suède se rendra aux urnes l'année prochaine, nous le ferons dans une situation de sécurité grave que nous devons prendre en compte», avait déclaré le Premier ministre Ulf Kristersson sur X, faisant référence à la menace d'ingérence étrangère, surtout attribuée à la Russie. Les élections suédoises devraient donc constituer un test de résistance démocratique dans l'UE après la mise en œuvre de la loi sur les services numériques (DSA), qui s'attaque à l'ingérence électorale sur les médias sociaux, et le bouclier démocratique proposé par l'Union européenne. Selon le média RTBF, les sondages actuels donnent une avancée confortable d’une trentaine de sièges à l’opposition sociale-démocrate, face au bloc de droite actuellement au pouvoir. Historiquement première force politique du pays, le Parti social-démocrate a gouverné de 2014 à 2022. Toutefois, lors des élections de 2022, malgré une légère progression de la gauche, la percée des Démocrates de Suède (extrême droite) a fait basculer la majorité: 176 sièges pour la droite et l’extrême droite, contre 173 pour la gauche. La Première ministre Magdalena Andersson a alors démissionné, ouvrant la voie à un gouvernement de droite soutenu par l’extrême droite, dirigé par Ulf Kristersson.
Ukraine
Liban
Selon des analystes de la politique du Liban, un désaccord sur la loi électorale pourrait retarder les élections législatives prévues en mai 2026 dans le pays: les Forces libanaises de Samir Geagea plaident pour un vote de la diaspora sur l’ensemble des 128 sièges, tandis que le Hezbollah et Amal veulent maintenir le système actuel limitant la diaspora à six sièges confessionnels. Une possible reprise du conflit Israël-Hezbollah pourrait également menacer le calendrier électoral. Cela dit, si les élections ont bel et bien lieu en mai, elles pourraient créer un nouveau rapport de force entre les clans politiques. Les opposants au Hezbollah espérent tirer profit de son affaiblissement depuis sa guerre avec Israël en 2024.