Les tatoueurs sont des professionnels, et les meilleurs d’entre eux sauront concrétiser votre idée sans vous faire culpabiliser. Mais leur « poker face » a ses limites. Certaines demandes leur sont présentées, et le tatoueur derrière le comptoir éprouve alors une réaction intérieure bien précise qui ne franchit jamais le seuil de ses lèvres. Ce n’est pas de la cruauté. C’est simplement qu’ils ont déjà tout vu. Voici 20 choix de tatouages qui mettent la patience des tatoueurs à rude épreuve.
Les tatoueurs sont des professionnels, et les meilleurs d'entre eux sauront concrétiser votre idée sans vous faire culpabiliser. Mais leur « poker face » a ses limites. Certaines demandes leur sont présentées, et le tatoueur derrière le comptoir éprouve alors une réaction intérieure bien précise qui ne franchit jamais le seuil de ses lèvres. Ce n'est pas de la cruauté. C'est simplement qu'ils ont déjà tout vu. Voici 20 choix de tatouages qui mettent la patience des tatoueurs à rude épreuve.
1. Le symbole générique de l'infini
Le symbole de l'infini a connu son apogée vers 2011 et n'a cessé depuis de perdre peu à peu de son attrait. Les tatoueurs en ont réalisé des milliers, souvent en y intégrant des noms ou des mots dans la boucle, et le niveau de difficulté est pratiquement nul. Ce n'est pas que ce soit choquant. C'est simplement que, dans le monde du tatouage, cela revient à commander des pâtes nature dans un restaurant qui fabrique sa propre pâte.
2. Toute sensation au niveau des côtes après avoir déclaré ne supporter aucune douleur
Les clients qui mentionnent à trois reprises leur faible tolérance à la douleur avant de s'asseoir, puis choisissent un tatouage couvrant toute la cage thoracique, constituent une expérience à part. Les côtes sont généralement considérées comme l'une des zones les plus douloureuses du corps. Les tatoueurs savent à quoi s'attendre. Ils s'y préparent de manière professionnelle et s'arment de courage sur le plan personnel.
3. « Dessine quelque chose à main levée »
Cela ressemble à un compliment, mais cela pose en réalité un problème logistique. Les tatoueurs apprécient la confiance, mais se présenter sans référence, sans idée précise et sans limite budgétaire, tout en demandant à quelqu’un d’improviser un motif définitif sur votre corps, revient à faire peser toute la responsabilité créative et juridique sur une seule personne. La plupart des tatoueurs préfèrent d’abord avoir un échange. « Fais ce que tu veux » n’est pas un échange.
4. Le nom d'une personne avec qui tu viens de commencer à sortir
Les artistes ont vu ce scénario se répéter suffisamment de fois pour éprouver une crainte sourde dès qu'un nouveau nom de couple est évoqué. Ils le feront. Ils ne diront rien. Mais il y a une raison pour laquelle les artistes expérimentés vous demandent parfois avec tact depuis combien de temps vous êtes ensemble, et ce n'est pas par curiosité à l'égard de votre vie amoureuse.
5. Adopter une attitude « tribale » envers une personne sans lien culturel
Cette question a depuis longtemps dépassé le stade du simple jugement pour devenir quelque chose de bien plus complexe. Les artistes qui ont à cœur leur métier ressentent cette tension, qu’ils l’expriment ou non. Adopter un motif qui revêt une signification culturelle spécifique pour des communautés dont on ne fait pas partie met tout le monde dans une situation délicate, et plus l’artiste est talentueux, plus il a tendance à se sentir mal à l’aise.
6. Un portrait à partir d'une mauvaise photo de référence
Le tatouage de portrait fait partie des techniques les plus exigeantes qui soient. Lorsque la photo de référence est une capture d'écran floue tirée d'un album Facebook et prise dans de mauvaises conditions d'éclairage, on demande à l'artiste de créer quelque chose de précis à partir d'une base qui ne s'y prête pas. Ils vous le diront. La plupart des clients entendent cela, mais décident quand même de passer à l'acte.
7. Fil barbelé autour du biceps
Il a connu son heure de gloire. C'était en 1996. Le tatouage représentant un bandeau de fil barbelé autour du biceps est désormais une capsule temporelle que les artistes redécouvrent avec un mélange de nostalgie et de lassitude. Ce n'est pas un tatouage difficile à réaliser, ce qui fait en partie le problème. Il n'y a rien qui stimule la créativité, et le contexte culturel a évolué dans une direction bien précise.
8. « Tu peux reproduire ça exactement comme sur Pinterest ? »
Pinterest regorge de tatouages conçus sur mesure pour le corps, la carnation et le style d’une personne en particulier, photographiés par des professionnels, puis publiés sans aucune indication sur ce contexte. Demander à un tatoueur de reproduire à l’identique le travail personnalisé d’une autre personne soulève des problèmes éthiques et créatifs auxquels il ne s’est pas engagé. Un bon tatoueur vous orientera vers une autre solution. Un tatoueur moins expérimenté s’exécutera sans réfléchir, et vous serez tous les deux déçus.
9. La pièce du bas du dos
Les tatouages dans le bas du dos existaient avant l’apparition de ce surnom culturel, et ils existeront encore après. Ce n’est pas l’emplacement en soi qui pose problème. Ce qui fait réfléchir les artistes, c’est lorsque le motif choisi s’inscrit pleinement dans l’esthétique d’une période spécifique de l’art « flash » du début des années 2000, sans aucune conscience apparente de cette histoire. Ce n’est pas le contexte qui rend un tatouage mauvais. L’ignorance du contexte est un problème en soi.
10. Les tatouages sur les doigts comme premier tatouage
Les tatouages sur les doigts s'estompent plus rapidement que ceux réalisés sur presque toutes les autres parties du corps, nécessitent des retouches et se trouvent à un endroit où le vieillissement est imprévisible. Les tatoueurs vous expliqueront tout cela. Le problème ne réside pas tant dans le choix en soi que dans le fait d'opter pour l'un des emplacements les moins durables comme premier tatouage. Cela crée une attente à laquelle cette technique ne peut pas répondre.
11. Le point-virgule sans lien personnel
Le tatouage représentant un point-virgule revêt une véritable signification pour beaucoup de gens, et les tatoueurs respectent cela. Ce qui en fait hésiter certains, c’est lorsqu’il s’agit clairement d’un tatouage à la mode, réalisé par quelqu’un qui ne parvient pas à exprimer un lien personnel avec ce qu’il représente. Les symboles dotés d’une forte charge culturelle méritent d’être justifiés, et les tatoueurs le remarquent lorsque cette justification fait défaut.
12. Tatouages sur toute la main, jusqu’aux poignets
Les mains constituent un engagement que la plupart des tatoueurs expérimentés préfèrent que leurs clients abordent progressivement, plutôt que de s'y lancer d'emblée. Se présenter les bras nus et demander un tatouage couvrant entièrement les mains relève d'un problème d'enchaînement que les professionnels du secteur prennent très au sérieux. Les mains sont visibles dans presque tous les contextes, tant professionnels que sociaux. La plupart des tatoueurs ont une politique tacite à ce sujet et vous en parleront si vous leur posez la question.
13. Copier l'animation Flash d'un artiste célèbre sans en mentionner la source
Quand quelqu’un arrive avec la photo d’un tatouage réalisé par un tatoueur célèbre et demande qu’on lui fasse la même chose, la personne derrière le comptoir le reconnaît généralement tout de suite. La communauté des tatoueurs est plus petite qu’elle n’en a l’air vue de l’extérieur. Reproduire le « flash » original d’un autre artiste n’est pas seulement une question d’éthique qui se situe dans une zone grise. C’est le genre de sujet dont on parle lors des conventions.
14. Le tatouage aquarelle sans contour
Les tatouages « aquarelle » sont magnifiques quand ils sont tout neufs. Les artistes savent à quoi ils ressembleront cinq ans plus tard, sans contour bien défini pour fixer le pigment, et cette certitude suscite en eux un léger conflit intérieur chaque fois qu’un client leur apporte une photo de référence représentant un motif purement « aquarelle ». Ils vous parleront de la longévité du tatouage. À vous de décider si vous voulez les écouter.
15. Tout ce qui est mis en place pour « cacher une cicatrice » sans véritable stratégie
On peut très bien réaliser un tatouage qui s'harmonise avec une cicatrice ou qui la recouvre. Le problème survient lorsqu'une personne vient simplement pour faire recouvrir une cicatrice, sans se soucier de la façon dont le motif s'harmonise avec la texture de la peau. Le tissu cicatriciel absorbe l'encre différemment. Un bon tatoueur s'efforce de concevoir son motif en tenant compte de cette réalité, et non en l'ignorant ; et les clients qui refusent d'aborder ce sujet rendent le travail plus difficile qu'il ne devrait l'être.
16. Le tatouage assorti avec quelqu’un que l’on vient de rencontrer
Le tatouage de couple a une histoire longue et complexe dans tous les salons. Le tatouage assorti que vous avez fait avec un ami il y a trois semaines est une variante plus récente que les tatoueurs accueillent avec un enthousiasme tout aussi vif. Ils accepteront le rendez-vous. Ils feront du bon travail. Ils y réfléchiront sur le chemin du retour.
17. Les tatouages commémoratifs trop littéraux
Les tatouages commémoratifs ont une grande valeur sentimentale, et les artistes les prennent très au sérieux. C'est lorsque le concept est trop littéral, au point que le dessin n'a plus aucune marge de manœuvre, que les jugements tacites commencent à s'immiscer. Une représentation photoréaliste du visage d'un animal de compagnie décédé, entourée de son nom, de dates, d'empreintes de pattes et d'un arc-en-ciel, peut représenter tout pour le client, mais poser un véritable problème de composition à l'artiste.
18. Encre blanche sur des teints foncés
L'encre blanche rend très différemment selon les teints ; sur les peaux plus foncées, elle est souvent invisible, ou bien, une fois cicatrisée, elle prend un aspect terne et indistinct. Les tatoueurs responsables en informent leurs clients avant de commencer. Ceux qui ne le font pas constituent le véritable problème, et c'est le client qui en subit les conséquences.
19. Le tatouage « minimaliste » qui n’est en réalité qu’un tatouage fin
Le trait fin et le style minimaliste constituent un courant artistique à part entière, que les artistes chevronnés maîtrisent à la perfection. Ce qui suscite une certaine inquiétude, c’est lorsque le cahier des charges se résume essentiellement à « rendez-le aussi petit et fin que possible », sans tenir compte du fait que les traits extrêmement fins s’estompent avec le temps. Le motif que vous souhaitez voir à 22 peut ne plus être lisible à 40, et ce calcul est évident pour l’artiste dès la première consultation.
20. Tout ce qui est choisi dans le classeur accessible au public en moins de deux minutes
Le catalogue de tatouages existe pour une bonne raison, et les tatouages « à l'improviste » font partie intégrante de cette culture. Ce qui me fait légèrement grimacer, c'est quand quelqu'un feuillette 200 motifs en 90 secondes et en choisit un sans vraiment le regarder. Les artistes veulent que leur œuvre ait une signification pour la personne qui la porte. Deux minutes, ce n'est pas assez pour que cela ait un sens.