Les sous-vêtements n’ont jamais été simplement des sous-vêtements. Ils ont été le théâtre d’une lutte pour le confort, une mine d’or marketing et, parfois, un véritable exploit d’ingénierie dissimulé sous un chemisier. Pendant des siècles, l’objectif était le contrôle : serrer, aplatir, modeler pour obtenir la silhouette à la mode de la décennie. Puis, lentement et de manière inégale, l’objectif a évolué vers le confort, puis vers la confiance en soi, puis vers quelque chose de plus proche de l’expression de soi. En cours de route, une poignée de vêtements et d’inventions spécifiques ont poussé l’ensemble du secteur dans une nouvelle direction, et tout ce qui a suivi a pris un aspect légèrement différent. Voici 20 pièces qui ont véritablement changé la donne.
Les sous-vêtements n’ont jamais été simplement des sous-vêtements. Ils ont été le théâtre d’une lutte pour le confort, une mine d’or marketing et, parfois, un véritable exploit d’ingénierie dissimulé sous un chemisier. Pendant des siècles, l’objectif était le contrôle : serrer, aplatir, modeler pour obtenir la silhouette à la mode de la décennie. Puis, lentement et de manière inégale, l’objectif a évolué vers le confort, puis vers la confiance en soi, puis vers quelque chose de plus proche de l’expression de soi. En cours de route, une poignée de vêtements et d’inventions spécifiques ont poussé l’ensemble du secteur dans une nouvelle direction, et tout ce qui a suivi a pris une tournure légèrement différente. Voici 20 pièces qui ont véritablement changé la donne.
1. Le bandeau « Flapper »
À mesure que la silhouette garçonne des années 1920 s'imposait, les corsets ont cédé la place à des bandeaux souples et aplatissants, conçus pour minimiser la poitrine plutôt que de la rehausser. Ce look constituait un rejet direct de la silhouette en sablier qui avait dominé la mode pendant des générations. Aujourd’hui, cela semble étrange : un soutien-gorge conçu pour faire disparaître les courbes. Mais cela a ouvert la voie à des sous-vêtements axés sur le confort et la liberté de mouvement plutôt que sur la structure pure.
2. Le Teddy
Le « teddy », également appelé « camiknicker », combinait un caraco et une culotte en un seul vêtement dans les années 1920. Il répondait à un véritable problème : le fait de superposer plusieurs pièces sous des robes de plus en plus moulantes créait un volume que personne ne souhaitait. Des sous-vêtements plus simples et plus épurés sont devenus la marque de fabrique de cette décennie, et le « teddy » incarnait parfaitement cette évolution.
3. La ceinture élastique
À la fin des années 1920, les élastiques caoutchoutés ont commencé à remplacer les baleines de baleine et les baleines en acier dans les sous-vêtements amincissants, donnant ainsi naissance à la gaine. Celle-ci offrait une partie du maintien d’un corset victorien sans aucune des contraintes associées, permettant ainsi aux femmes de s’asseoir, de se pencher et de respirer sans aide. Pour la première fois, les sous-vêtements amincissants ne nécessitaient plus l’aide d’une autre personne pour les lacer.
4. Le soutien-gorge à armatures
Les brevets relatifs aux armatures remontent en réalité aux années 1930, mais ce modèle ne s'est généralisé qu'après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le métal a cessé d'être rationné pour l'effort de guerre. Une fois qu'il s'est imposé, il a révolutionné les capacités physiques du soutien-gorge, offrant maintien et soutien sans recourir aux rembourrages ni aux baleines des modèles antérieurs. La plupart des soutiens-gorge vendus aujourd'hui utilisent encore une version de cette même armature de base.
5. Bas en nylon
DuPont a lancé les bas en nylon sur le marché en 1940, et ceux-ci se sont vendus en un clin d’œil, les femmes faisant la queue devant les magasins pour tenter d’en obtenir une paire. Le nylon était plus résistant, plus transparent et bien moins coûteux à produire à grande échelle que la soie, qui dominait jusqu’alors le marché des bas. Lorsque le rationnement en temps de guerre a entraîné la disparition du nylon des rayons quelques années plus tard, cette pénurie est devenue un véritable sujet de tension culturelle, au point de déclencher de véritables manifestations.
6. Le corset « Gorge » d'Herminie Cadolle
En 1889, la corsetière française Herminie Cadolle a divisé le corset traditionnel en deux pièces distinctes : une partie supérieure offrant un maintien et une partie inférieure servant à cintrer la taille. Les femmes ont rapidement compris qu'elles pouvaient porter la partie supérieure seule, ce qui correspondait en substance au premier concept de soutien-gorge moderne, plusieurs décennies avant même que le mot « soutien-gorge » ne soit couramment utilisé. L'entreprise familiale de Cadolle continue aujourd'hui encore de fabriquer de la lingerie à Paris.
7. Le soutien-gorge sans dos de Mary Phelps Jacob
Agacée par un corset rigide qui gâchait les lignes de sa robe de soirée transparente, Mary Phelps Jacob, une mondaine new-yorkaise, a cousu ensemble deux mouchoirs en soie et un ruban en 1913. Elle a déposé un brevet pour cette création, baptisée « Backless Brassiere » (soutien-gorge sans dos), en 1914, avant de vendre ce brevet à la Warner Brothers Corset Company pour 1 500 dollars. Cette transaction s'est avérée être l'une des meilleures affaires de l'histoire de la mode.
8. Le soutien-gorge push-up de Frederick's Of Hollywood
Frederick Mellinger a ouvert sa boutique de lingerie à Hollywood dans les années 1940 avec un argument de vente simple : les sous-vêtements doivent mettre en valeur, et pas seulement couvrir. Ses modèles rembourrés et « push-up » étaient considérés comme scandaleux à l’époque, commercialisés ouvertement en misant sur le glamour et le sex-appeal plutôt que sur la simple fonctionnalité. Des décennies avant que le Wonderbra ne fasse la une des journaux, Mellinger avait déjà prouvé qu’il existait un marché énorme pour la lingerie vendue comme un spectacle.
9. La campagne « I Dreamed » de Maidenform
La campagne publicitaire de Maidenform de 1949 montrait des femmes en soutien-gorge vaquant à leurs occupations quotidiennes : faire les magasins, conduire une voiture, le tout sous le slogan « J'ai rêvé que j'allais faire les magasins dans mon soutien-gorge Maidenform ». Cela peut paraître anodin aujourd'hui, mais à l'époque, c'était une façon véritablement audacieuse de faire la promotion de sous-vêtements dans des magazines grand public. La campagne s'est poursuivie pendant deux décennies et a contribué à normaliser la lingerie, en en faisant un sujet dont on pouvait parler ouvertement, et non plus simplement un objet caché dans un tiroir.
10. « La Veuve joyeuse » de Warner
Tirant son nom de l’opérette à succès, la corselette « La Veuve joyeuse » a fait son apparition en 1952, combinant en une seule pièce spectaculaire un soutien-gorge, un serre-taille et des jarretelles. De conception théâtrale, elle répondait à l’engouement de l’époque pour la silhouette en sablier extrême, popularisée par des stars telles que Marilyn Monroe. Peu de vêtements ont su incarner aussi parfaitement le glamour exagéré de la lingerie des années 1950.
11. Lycra
Joseph Shivers, chimiste chez DuPont, a mis au point le Lycra, une fibre synthétique extensible, en 1958, et cette invention a discrètement révolutionné presque toutes les catégories de sous-vêtements qui ont suivi. Du jour au lendemain, les vêtements pouvaient s'étirer et reprendre leur forme sans avoir recours à des bandes élastiques volumineuses ni à des baleines. Les gaines, les soutiens-gorge et, par la suite, les marques de sous-vêtements amincissants comme Spanx doivent toutes leur confort à cette innovation textile.
12. Dream Lift 1300 de Wonderbra
La créatrice canadienne Louise Poirier a conçu le soutien-gorge push-up « Dream Lift 1300 » en 1964, en utilisant plus de cinquante pièces de patron distinctes afin d’obtenir un effet de maintien maximal grâce à une silhouette plongeante. Il est resté dans l’oubli pendant des décennies jusqu’à ce que Wonderbra le relance en 1994 avec la campagne d’affichage « Hello Boys », mettant en vedette le mannequin Eva Herzigová. Cette affiche est encore aujourd’hui considérée comme l’une des publicités les plus emblématiques de l’histoire de la mode.
13. Le string de Rudi Gernreich
Le créateur Rudi Gernreich a lancé un maillot de bain de type string en 1974, et la version sous-vêtement s'est peu à peu imposée dans la mode grand public au fil des années 1980, notamment dans les milieux des clubs et de la danse. Ce qui n'était au départ qu'un style assez confidentiel et provocateur est finalement devenu un incontournable de la garde-robe, porté par la mode des jeans taille basse et le désir d'éviter les marques de culotte visibles. Dans les années 2000, il avait déjà sa propre chanson pop et son propre rayon dans les grands magasins.
14. Victoria's Secret
Roy Raymond a fondé Victoria's Secret en 1977 après avoir ressenti une certaine gêne en achetant de la lingerie pour sa femme dans un grand magasin classique. Les premiers catalogues de la marque ont redéfini l'achat de lingerie comme une expérience glamour, voire un peu théâtrale, plutôt que comme une expérience froide ou gênante. Ce repositionnement a fini par faire de la marque l'une des plus reconnaissables au monde dans le domaine de la lingerie, pour le meilleur ou pour le pire.
15. Le Jogbra
En 1977, la coureuse Lisa Lindahl, la costumière Polly Smith et Hinda Miller ont cousu ensemble deux jockstraps pour résoudre un problème auquel aucun soutien-gorge du marché ne répondait : offrir un véritable maintien pendant l’effort. Leur prototype est devenu le « Jogbra », breveté en 1979, et a véritablement donné naissance à la catégorie des soutiens-gorge de sport. Son impact a dépassé le cadre de la mode, car ce meilleur maintien a véritablement levé un obstacle qui empêchait certaines femmes de courir ou de pratiquer un sport.
16. Collants gainants
Les collants sans coutures, d’une seule pièce, se sont largement démocratisés à la fin des années 1950 et au début des années 1960, en grande partie grâce à Glen Raven Mills, et les modèles à taille gainante ont suivi peu après, venant remplacer la gaine traditionnelle. Pour de nombreuses femmes, cela signifiait disposer d’un véritable sous-vêtement amincissant sans avoir à porter de porte-jarretelles séparé ni à supporter une couture visible remontant le long de l’arrière de la jambe. Ce confort a discrètement transformé la façon dont les femmes s’habillaient en dessous de toutes leurs tenues, des vêtements de travail aux robes de soirée.
17. Agent Provocateur
Joseph Corré et Serena Rees ont ouvert la première boutique Agent Provocateur dans le quartier de Soho, à Londres, en décembre 1994, en misant sur une lingerie colorée et ludique plutôt que sur les modèles sobres et axés sur la fonctionnalité qui dominaient alors le marché. La marque a misé résolument sur le fantasme et la confiance en soi plutôt que sur la dissimulation. Elle est devenue une véritable référence culturelle, faisant son apparition au cinéma et dans la musique bien avant que la « lingerie de luxe » ne devienne une catégorie commerciale à part entière.
18. Spanx
À la fin des années 1990, Sara Blakely a coupé les pieds d’une paire de collants gainants pour résoudre son propre problème vestimentaire, puis a fondé Spanx sur cette idée en 2000. La marque a connu un succès fulgurant après qu’Oprah Winfrey l’a classée parmi ses « coups de cœur » cette même année, et les sous-vêtements amincissants sont passés d’une nécessité peu glamour à un sujet dont les femmes parlaient ouvertement et qu’elles recommandaient à leurs amies. Sara Blakely a développé son entreprise sans aucun investissement extérieur, ce qui était à l'époque presque aussi inhabituel que le produit lui-même.
19. La bralette
La bralette a connu un véritable essor dans les années 2010 en tant qu’alternative sans armatures et à la structure minimaliste au soutien-gorge à armatures traditionnel, souvent conçue pour être vue plutôt que dissimulée. Elle reflétait une évolution plus large dans la façon dont les gens concevaient le maintien, privilégiant le confort et la forme naturelle au détriment d’un effet rehaussant artificiel. Ce qui était autrefois considéré comme « un simple sous-vêtement » a commencé à apparaître sous des hauts transparents et des vestes ajourées, comme un choix stylistique délibéré.
20. Le soutien-gorge sans armatures moderne
S'appuyant sur plusieurs décennies de prédominance des soutiens-gorge à armatures, les modèles sans armatures, utilisant de la mousse moulée et des tissus extensibles, ont enfin commencé, au cours de la dernière décennie environ, à rivaliser avec les modèles à armatures en termes de maintien, sans pour autant provoquer cette sensation désagréable de piqûres ou de marques qui avait poussé tant de femmes à rechercher des alternatives. Les progrès réalisés dans le domaine des technologies textiles ont permis d'obtenir un véritable effet rehaussant et un galbe parfait, sans recourir à la moindre armature en métal ou en plastique.