Macron affirme que les États-Unis tombent dans la «tentation» et «se détournent de certains alliés»
Ses commentaires reflètent l’inquiétude croissante des capitales européennes, qui craignent que les changements dans la stratégie américaine n’affaiblissent les alliances de longue date et ne compromettent les approches collectives en matière de sécurité, de commerce et de diplomatie, à un moment où l’instabilité mondiale s’accroît.
Ses commentaires reflétaient l'inquiétude croissante des capitales européennes, qui craignent que les changements dans la stratégie américaine n'affaiblissent les alliances de longue date et ne compromettent les approches collectives en matière de sécurité, de commerce et de diplomatie, à un moment où l'instabilité mondiale s'accroît.
Se détourner
S'exprimant à l'Élysée, le président français Emmanuel Macron a tenu des propos inhabituellement sévères sur la direction qu'il voit prendre aux États-Unis sur la scène mondiale, avertissant que l'un des pays les plus puissants du monde risquait de contribuer à une nouvelle fragmentation des relations internationales. Sans citer de politiques spécifiques, Macron a mis en garde contre la tendance à diviser le monde par des décisions unilatérales, affirmant que Washington tombait dans la «tentation» tout en «se détournant de certains de ses alliés». Ses commentaires reflètent l'inquiétude croissante des capitales européennes qui craignent que les changements de stratégie des États-Unis n'affaiblissent les alliances de longue date et ne compromettent les approches collectives en matière de sécurité, de commerce et de diplomatie, à un moment où l'instabilité mondiale s'accroît.
Un monde de grandes puissances
Ces commentaires ont été formulés quelques jours seulement après une série de tensions internationales, notamment ce que Macron a qualifié d'actions américaines sans précédent contre le Venezuela, la capture de son président et la pression renouvelée sur la souveraineté du Groenland, des événements qu'il a cités comme preuves d'une posture mondiale de plus en plus conflictuelle. Dans ce contexte, le président français a averti que nous vivons dans un monde de grandes puissances, avec une réelle tentation de diviser le monde, qualifiant ce moment de test décisif pour l'indépendance stratégique de l'Europe. Macron a souligné que la France et ses partenaires européens ne céderaient pas à ces tentations, s'engageant à rejeter le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, un discours qui soulignait son refus de se soumettre à une puissance dominante. Il a ajouté que cette position avait des conséquences concrètes, arguant que l'Europe était désormais obligée de réduire considérablement sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine afin de préserver son autonomie politique, sa résilience économique et sa capacité à agir de manière indépendante sur la scène internationale.
Une puissance établie
Poursuivant sa critique, Emmanuel Macron a fait valoir que les États-Unis exerçaient de plus en plus leur pouvoir d'une manière qui rappelait une nouvelle forme de colonialisme et d'impérialisme, avertissant que ce changement déstabilisait l'ordre international qu'ils avaient autrefois défendu. Il a souligné l'affaiblissement des cadres de gouvernance mondiale, déclarant que «les institutions multilatérales fonctionnent de moins en moins efficacement», un déclin qu'il a lié au comportement des puissances dominantes. Le président français est allé plus loin en remettant directement en question l'orientation stratégique de Washington, déclarant que «les États-Unis sont une puissance établie, mais qui se détournent progressivement de certains de leurs alliés et s’affranchissent des règles internationales qu'ils promouvaient encore récemment», une remarque qui souligne sa crainte que le désengagement américain des normes collectives accélère la fragmentation géopolitique et érode les fondements de la coopération d'après-guerre.