Anik Jean: «On veut le meilleur pour nos enfants»
- Anik Jean était invitée au balado Ouvre ton jeu où elle s’est livrée avec émotion.
- Elle a parlé de son amour immense pour son fils.
- Elle a confié avoir manqué de sécurité émotionnelle durant son enfance.
- Elle a vécu une période très difficile à 14 ans.
- Elle souligne le contraste entre son vécu et celui de son fils aujourd’hui.
- Se sentant plus en sécurité aujourd’hui, elle a repris la tournée après 14 ans.
J’ai eu une réhabilitation à la vie
Lors de ce tête-à-tête empreint d’émotion, Anik s’est confiée sur la grande fierté qu’elle ressent envers son fils, pour qui elle éprouve un amour comme elle n’en avait jamais connu auparavant. Un amour éternel. À travers ses paroles, elle met en lumière toute l’importance qu’elle accorde à son enfant ainsi qu’à son rôle de mère. Un sujet profondément touchant, qui fait naître en elle de vives émotions.
Au milieu de l’épisode, Marie-Claude a osé aborder une question plus sensible, dont elle ignorait si Anik accepterait de parler. Avec son consentement, elle lui a alors posé la question suivante: «Qu’est-ce que tu n’as pas reçu de tes parents et qui t’a manqué?»

L’enfance marqué par un manque de sécurité
«Je te dirais la sécurité émotive. C’est ça qui m’a manqué. Mes parents se sont séparés, j’avais quatre ans, puis ç’a été une grosse, grosse, grosse chicane (…) c’était dégueulasse. Puis, j’ai été barouettée, tu sais, mon père est retourné vivre en Gaspésie, après ça, il a habité à Kuujjuaq, je ne l’ai pas vu pendant un bout, j’habitais, à un moment donné, avec sa blonde. Tu sais, ma mère n’était pas dans le picture à ce moment-là. Ç’a été… Je pense que mon côté anxieux vient de là, je pense que mon côté anxieux vient du fait que je déménageais sans cesse, puis à un moment donné, j’ai fait un burn-out à 14 ans à cause que je faisais de l’anxiété généralisée, puis je ne savais pas c’était quoi à ce moment-là, puis j’ai tout arrêté (…) Je ne mangeais plus, je ne pouvais plus aller à l’école, puis j’ai dit à ma mère, j’ai dit: Là, je m’en vais en Gaspésie, je m’en vais vivre avec papa, puis c’est ça que je veux, puis tu ne peux pas rien dire, puis je suis partie vivre en Gaspésie, puis ça m’a sauvé, ça m’a vraiment sauvé (…) Mon père m’a sauvé, la région m’a sauvée, la nature m’a sauvée. J’ai été un an agoraphobe à ne pas sortir de chez moi, pas pouvoir voir personne, j’ai eu une réhabilitation à la vie, genre (…) J’étais rendue très, très, très bas (…) C’était du gros stress émotif que j’ai vécu toute ma vie, toute mon enfance, jusqu’à ce moment-là que ç’a pété (…) je n’étais plus capable de fonctionner (…) J’avais vraiment peur», témoigne-t-elle.

Une grande peur de mourir et un père présent
«As-tu eu peur de mourir», lui a alors demandé l’animatrice.
«Oui. Ah, oui, oui. (…) Hey, je ne dormais plus, là, à un moment donné (…) ce n’était vraiment pas le fun puis, mon père, je me souviens, à un moment donné, j’étais montée puis je l’entendais pleurer dans sa chambre parce qu’il avait peur pour moi, tu sais, puis c’était la première fois que je voyais mon père pleurer, puis j’ai fait: C’est à cause de moi, tu sais (…)», se rappelle-t-elle, ajoutant qu’il avait peur de la perdre et qu’il ne savait plus quoi faire.
Un an avant sa mort, il lui a écrit une lettre. Lui qui avait tant de difficulté à lui dire qu’il l’aimait, même si elle le ressentait à travers ses gestes, a finalement trouvé les mots. Dans cette lettre, il lui confiait qu’elle avait accompli tout ce que, de son côté, il n’avait pas réussi à construire: un mariage, un enfant, une maison, ainsi qu’une carrière de musicienne. Lui-même était un excellent musicien, mais il n’avait jamais vraiment su aller au bout de son potentiel.
«Ça m’avait vraiment touchée (…) c’est vraiment mon idole, tu sais, j’ai tout fait ce qu’il a fait, mais x1000 (…) cette lettre-là m’a vraiment marquée (…) puis tu sais, quand je disais: Ce n’est pas tout le monde qui peut être parent. Mon père, il a été vraiment présent à sa façon pour moi, puis il m’a sauvée, tu sais, il m’a sauvée à 14 ans puis… malgré lui (…)», explique Anik.
«Il a été capable, à sa façon, d’être là pour moi, puis de me sécuriser, puis c’est ça qui m’a toujours manqué toute mon enfance, c’est de me sentir en sécurité», ajoute-t-elle.

Le contraste entre sa vie à 14 ans et celle de son fils
Un peu plus tard, après que l’animatrice l’eut amenée sur ce terrain plus intime, Anik a confié ne jamais avoir vraiment eu l’impression d’être une enfant, sauf lorsqu’elle se réfugiait dans son monde imaginaire. Très jeune, elle portait déjà un grand sens des responsabilités, un trait de caractère qui l’habite encore aujourd’hui.
L’animatrice a ensuite relevé le contraste entre ce qu’elle a traversé à 14 ans et la réalité de son fils aujourd’hui, rappelant qu’il s’agit de deux mondes bien distincts.
«C’est de ça que tu es fière», lui a demandé Barrette.
«Oui. Vraiment, parce que j’ai réussi, tu sais (…) on veut le meilleur pour nos enfants, puis moi, c’était tellement… tu sais, mon chum, à un moment donné, il dit: Hey, Nathan, ce n’est pas toi, j’ai dit: Je le sais, mais je vais lui donner ce que moi j’aurais voulu avoir (…) mais, je le sais que ç’a marché (…) ma plus grande fierté, c’est d’y avoir donné ça, vraiment (…) Moi, je pensais mourir à 27 ans, donc tu sais, je suis rendue à 48, dans ma tête, je suis en overtime, mais (…) à chaque anniversaire de Nathan, je me disais: Ok, il est rendu à 3 ans, cool, je suis encore là (…) à chaque année, je me dis ça (…) je pense que c’était ma plus grande peur, c’est qu’il m’arrive de quoi avant qu’il soit tout prêt puis là, on dirait que je le sais (…)», témoigne-t-elle.
Se sentant aujourd’hui plus en sécurité, elle s’accorde enfin du temps pour elle. C’est notamment ce qui l’a motivée à remonter sur scène après 14 ans d’absence, son fils l’ayant grandement rassurée dans cette décision.
Félicitations à Anik d’avoir su ouvrir son cœur sur un sujet aussi sensible que pertinent, auquel plusieurs pourront sans doute s’identifier.
