Échec lamentable du Canada au bilan annuel sur la pauvreté

Le Canada échoue au bilan annuel sur la pauvreté établi par les banques alimentaires
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Chaque année, Food Banks Canada, un organisme caritatif national, publie un rapport d’évaluation sur la crise de la pauvreté au Canada et la manière dont le gouvernement y fait face. Bien que certains domaines aient connu une amélioration dans l’édition de 2026, le Canada a échoué sur tous les plans : la pauvreté s’est aggravée et le gouvernement n’a pas réussi à venir en aide de manière adéquate aux Canadiens en situation de vulnérabilité. Le rapport a analysé l’expérience de la pauvreté au Canada, les mesures de lutte contre la pauvreté mises en place par le gouvernement, la privation matérielle et les avancées législatives. Ce document volumineux de 144 pages analyse le Canada dans son ensemble, ainsi que chaque province et territoire individuellement. Food Banks Canada est une organisation caritative nationale dirigée par un conseil d’administration et agissant indépendamment de tout gouvernement. Les données de ce rapport proviennent d’un sondage en ligne Pollara mené auprès de 6 820 Canadiens adultes entre le 6 et le 21 mars 2026. Les résultats ont été pondérés pour refléter la population canadienne selon les données du recensement de Statistique Canada.

Note globale du Canada

La note globale du Canada en matière de pauvreté a en fait augmenté en 2026, passant d’un D en 2025 à un impressionnant D+ pour 2026. Même si cette note ne permettrait pas au Canada d’accéder à des programmes universitaires, le pays pourrait au moins obtenir un diplôme d’études secondaires métaphorique cette année. Le Canada a fait de petits progrès dans certains domaines, selon le rapport de Food Banks Canada, mais les notes du pays restent globalement catastrophiques. Parmi les points positifs, on note une légère amélioration du niveau de vie, mais le Canada a échoué lamentablement dans six catégories différentes, obtenant plus de « F » que la plupart des élèves canadiens n’en verront au cours de leur vie.

La méthodologie est solide, et maintenant que nous réalisons ce rapport depuis quatre ans, nous disposons de données comparables.

-Kirstin Beardsley, PDG de Food Banks Canada

Expérience de la pauvreté : D

La section consacrée à l’expérience de la pauvreté chez les Canadiens a montré des améliorations marginales dans certains domaines, tandis que d’autres continuent d’être jugés comme un échec. Cette section a interrogé les Canadiens sur cinq questions : vous sentez-vous moins bien qu’il y a un an ; consacrez-vous plus de 30 % de vos revenus au logement ; avez-vous des difficultés à accéder aux soins de santé ; recevez-vous une aide du gouvernement, et est-elle suffisante ; et quel pourcentage de vos revenus consacrez-vous à des dépenses fixes autres que le logement.

En 2026, 39 % des Canadiens ont déclaré se sentir moins bien financièrement qu’en 2025. Bien que ce chiffre soit effrayant et élevé, il s’agit en réalité d’une baisse par rapport à l’année dernière. Food Banks Canada a attribué la note C+ à cette section, qui était l’un des seuls indicateurs de pauvreté à s’être amélioré entre 2025 et 2026. Le Canada a échoué dans les trois catégories suivantes, avec des « F » dans tous les domaines. 42 % de la population consacre plus de 30 % de son revenu au loyer. Près d’un quart des Canadiens ont du mal à accéder aux soins de santé, et 66 % des bénéficiaires d’aides gouvernementales affirment que leurs prestations ne suffisent pas pour vivre.

Alors que le chômage commence à augmenter dans tout le pays, nous sommes très inquiets, en tant que banques alimentaires, de ne pas pouvoir absorber une nouvelle vague de personnes qui perdent leur emploi et découvrent qu’elles ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi.

-Kristen Beardsley

Mesures de la pauvreté : F

Le Canada a échoué dans les trois catégories de la section « mesures de la pauvreté », mais les notes sont restées inchangées par rapport à celles de 2025. Le Canada affiche actuellement un taux de pauvreté de 11,1 %, et bien que cela justifie un F selon Food Banks Canada, ce taux est similaire à celui de la France et du Royaume-Uni. L’Allemagne, le Japon, l’Italie et les États-Unis ont tous des taux de pauvreté plus élevés que le Canada. Le taux de chômage du Canada, qui s’élève à 6,7 %, a également obtenu un F, et le pays fait pâle figure par rapport au reste du G7. Seule la France affiche un taux de chômage plus élevé que le Canada au sein du G7.

Le pourcentage d’insécurité alimentaire au Canada a atteint 24 % en 2026, ce qui le place en mauvaise posture par rapport aux pays du G7. Selon des rapports internationaux, le Canada affiche le taux d’insécurité alimentaire le plus élevé du G7. Ce taux est fortement influencé par la taille et le climat du pays, les communautés isolées et rurales souffrant d’un soutien gouvernemental insuffisant. Le Nouveau-Brunswick affiche un taux d’insécurité alimentaire de près de 30 %, tandis que l’Ontario et le Manitoba ont tous deux obtenu un score supérieur à 26 % dans cette catégorie.

Indice de privation matérielle : B-

Le Canada a obtenu un score relativement bon dans la section sur la privation matérielle. Seuls 19 % de la population interrogée estimaient que leur niveau de vie était gravement insuffisant, et seulement 28 % estimaient qu’il était insuffisant. La province de Québec a tiré la catégorie vers le haut, affichant des scores impressionnants par rapport au reste du Canada. Le Québec a obtenu un A- global dans cette catégorie, la seule note globale supérieure à B+ dans le rapport. Si le B- du Canada était la seule note vaguement acceptable sur le bulletin du pays, cela signifiait tout de même que près de 50 % de la population est insatisfaite de son niveau de vie.

Processus législatif : C

Cérémonie de la relève de la garde sur la Colline du Parlement, avec le bloc central du complexe parlementaire canadien en arrière-plan.

Les Canadiens se seraient montrés satisfaits du processus législatif de leur pays cette année, Food Banks Canada lui attribuant la note « C ». Si la note globale était positive, les notes par province ont révélé un certain malaise parmi les Canadiens. La province de Québec affichait de loin le bulletin le plus positif dans l’ensemble, mais d’importants changements législatifs ont fait chuter sa note dans cette catégorie. En 2025, le Québec avait obtenu un B pour le processus législatif. En 2026, cette note est tombée à D. Il s’agit de la baisse la plus importante de toutes les catégories du rapport. La nouvelle loi sur la laïcité du Québec est très certainement à l’origine de ce changement, les détracteurs et les résidents québécois comparant cette loi au fascisme, au racisme et à la haine. La loi affecte de manière disproportionnée les Canadiens musulmans, et même si 45 % de la population de la province s’y oppose, elle a déjà été mise en place.