L’expérience VR de PHI à ne pas manquer!

Crédit: Instagram @phi.officiel

Vous avez jusqu’au 17 mai pour découvrir Habiter l’absence, la programmation de cinéma de réalité virtuelle du pôle culturel PHI! Pendant environ une heure, plongez dans quatre univers distincts qui partagent un fil conducteur : la matérialisation de souvenirs fugitifs pour nous inviter à «habiter l’absence».

L’expérience débute dans une salle tamisée aux néons rouges où nous attend un fauteuil confortable, soit notre ancrage pour la prochaine heure d’évasion. Le casque de réalité virtuelle devient dès lors un pont vers l’imaginaire des artistes, permettant de vivre leur vision de l’intérieur.

La première œuvre, Flow d’Adriaan Lokman, s’impose comme la plus réussie de la sélection. L’espace de quinze minutes, on y vit une expérience aérienne et lyrique, enveloppé par la musique du piano.

L’invisible prend forme

Dans Flow, l’invisible prend forme. Respirations, odeurs, chaleur, vent et air se matérialisent, moulés par de grandes lignes ondulatoires bleues, blanches et rouges. Comme spectateurs, on contemple des scènes du quotidien magnifiées par ces lignes : des transports à pied ou en train, des usines en action, l’intimité d’une personne allongée dans son lit ou encore des vols d’oiseaux. 

L’action se déploie à 360 degrés autour de nous, sollicitant ainsi constamment notre curiosité. L’œil s’affine ; on veut s’éprendre de ce qui nous entoure. En haut, en bas, sur les côtés. 

Parfois, les lignes nous filent sous le nez ; d’autres fois, elles nous traversent, nous faisant sursauter tant le jeu de l’immersion est efficace. Malgré la richesse de cet univers abstrait, la réalisation parvient habilement à diriger notre regard vers l’essentiel.

Ancré dans l’autobiographie

S’ensuit Ferenj, qui débute avec des rythmes est-africains qui donnent envie de danser sur son siège. Puis, la magnifique voix d’Ainslee Alem Robson se superpose au son. 

Ferenj interroge le rapport de cette artiste au foyer et à l’identité en tant qu’Éthiopienne-Américaine. La narratrice évoque son amour pour sa culture métissée, sa position socioculturelle dissonante et, surtout, le regard que portent les autres sur cette identité. 

Ses propos sont illustrés par des images pixelisées représentant ses souvenirs reconstruits. Défilent devant nos yeux, une infinité de gros points colorés en mouvement dans lesquels on peut décerner des fragments de vie : un autobus scolaire, une salle à manger, un kiosque de légumes, etc. 

Un voyage onirique

Puis, place à The Art of change, œuvre créée par Simone Fougnier et Vincent Rooijers. Elle explore « le dialogue d’une femme avec ses versions passée, présente et future ». Planètes, arbres et formes géométriques se succèdent et s’entrechoquent dans des animations colorées et déjantées qui rappellent autant un trip psychédélique qu’une partie de Tetris.

Le tout est ponctué par une musique électronique stimulante et des mémos vocaux de la narratrice aux différentes versions d’elles-mêmes. Des paroles douces et inspirantes qui font réfléchir sur les moments de transition dans une vie.

Un arôme doux-amer

L’expérience Habiter l’absence est couronnée par Less than 5 grams of safran, où une jeune immigrée iranienne de 23 ans tente de reconstruire sa vie en Allemagne. Cette dernière achète une pincée de safran, dont l’arôme lui rappelle son passé. 

En seulement cinq minutes, la création de Négar Motevalymeidanshahnous fait basculer le spectateur de la tendresse du foyer familial aux traumatismes enfouis, comme la mort de son père sous les balles des policiers et l’exil avec sa mère. L’œuvre propose une mise en scène frontale, frappante, mais sans être trop graphique. Et, elle est particulièrement touchante considérant son écho à l’actualité au Moyen-Orient.

Alors, tenterez-vous l’expérience pour apprendre, vous aussi, à «habiter l’absence»? Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site officiel de PHI.