Mark Carney aurait été surpris par un «hot mic»

Mark Carney aurait été surpris par un « micro ouvert »
Crédit: Getty Images

Le premier ministre Mark Carney fait l’objet d’une certaine attention après qu’un incident de « micro ouvert » a suscité des spéculations. Selon les médias, Carney aurait formulé une remarque critique alors qu’il discutait en privé de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et des tensions séparatistes croissantes dans la province. L’incident s’est rapidement propagé cette semaine dans les médias politiques canadiens et sur les réseaux sociaux. L’incident s’est produit lors d’un événement public où Carney semblait ignorer que son micro était toujours allumé. Bien que l’enregistrement audio soit en partie inaudible, les commentateurs et les analystes politiques ont immédiatement commencé à débattre pour savoir si le Premier ministre faisait référence à Smith et aux discussions sur le référendum prévu en Alberta concernant la séparation du Canada.

Ces propos n’ont pas été pleinement confirmés publiquement, et ni le bureau de Carney ni le cabinet du Premier ministre n’ont immédiatement précisé ce qui avait été dit exactement lors de ce bref échange. Cependant, l’incident est rapidement devenu un sujet dominant dans les débats politiques et les émissions d’analyse, notamment « Paikin on Politics » sur CityNews. Steve Paikin, ancien animateur de longue date de lémission « The Agenda » sur TVO, s’est montré critique envers Mark Carney, bien qu’il soit resté impartial tout au long de sa carrière. Les stratèges politiques invités à l’émission Paikin on Politics ont débattu pour savoir si ce moment reflétait une frustration croissante au sein du gouvernement fédéral face au séparatisme albertain et à la rhétorique de plus en plus conflictuelle de Smith à l’égard d’Ottawa. D’autres ont fait valoir que cette controverse pourrait finalement n’être guère plus qu’une mise en scène politique amplifiée par un enregistrement audio de mauvaise qualité et des spéculations partisanes.

« Il semble évident qu’il donnait des conseils au premier ministre Smith »

-Steve Paikin

L’Alberta contre Ottawa

Le moment choisi pour cet incident a ravivé les tensions entre les conservateurs de l’Alberta et le gouvernement libéral de Mark Carney. Le débat sur la souveraineté de l’Alberta s’est intensifié ces derniers mois à la suite d’un regain de colère face aux politiques climatiques fédérales, aux réglementations sur les émissions et aux différends concernant les pipelines. La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a accusé à plusieurs reprises Ottawa de nuire à l’économie et au secteur énergétique de l’Alberta, tout en affirmant que la province méritait une plus grande autonomie vis-à-vis du gouvernement fédéral. Bien que le soutien à une séparation pure et simple reste une position minoritaire en Alberta, selon la plupart des sondages, les analystes affirment que la rhétorique séparatiste s’est de plus en plus normalisée au sein de la politique provinciale au cours des dernières années.

Le gouvernement de Carney a tenté de trouver un équilibre entre la confrontation avec la rhétorique séparatiste et la nécessité d’éviter toute action susceptible d’exacerber davantage les tensions. Depuis son accession au poste de premier ministre, Carney a mis l’accent sur l’unité nationale et la coopération économique, tout en défendant les politiques climatiques fédérales et les réglementations environnementales auxquelles s’oppose fermement le gouvernement de l’Alberta. Les experts politiques affirment que l’image publique mesurée du Premier ministre rend tout commentaire improvisé ou émotionnel particulièrement sensible sur le plan politique. Cet incident de micro ouvert a immédiatement suscité des comparaisons avec des incidents antérieurs impliquant des personnalités politiques canadiennes et internationales ayant accidentellement tenu des propos francs alors que leurs micros étaient restés allumés.

Qu’a dit Carney ?

D’après l’enregistrement audio de mauvaise qualité, Mark Carney a déclaré à Gregor Robertson, ministre canadien du Logement et des Infrastructures : « Qu’est-ce que tu fais, c’est stupide, tu as une sortie… prends-la. » Le ministre Robertson, député conservateur de Vancouver, n’a pas été entendu par le micro lorsqu’il a répondu. La vidéo a été initialement filmée par Global News, puis supprimée de plusieurs réseaux sociaux. Interrogé à ce sujet par la presse le lendemain, Carney a refusé de développer ou de justifier son commentaire. Il a également refusé de confirmer s’il avait effectivement qualifié les actions de Robertson de « stupides ».

« Qu’est-ce que tu fais, c’est stupide, tu as une bretelle de sortie… prends-la. »

-Mark Carney

Pas de commentaire de la part de Smith

Ni Smith ni Carney ne semblaient désireux d’aggraver la controverse immédiatement après la publication des articles. Cependant, l’incident s’est produit à un moment où les deux dirigeants subissaient une pression politique croissante. Smith continue de se débattre pour trouver un équilibre entre une gouvernance conservatrice traditionnelle et la pression exercée par les militants séparatistes de l’Alberta, qui réclament une confrontation plus agressive avec Ottawa. Carney, quant à lui, doit relever le défi de préserver l’unité nationale tout en gérant les tensions économiques, les conflits énergétiques et la polarisation politique régionale.

EDMONTON, CANADA 6 MAI :
Danielle Smith, première ministre de l’Alberta et chef du Parti conservateur uni (UCP), s’exprime lors d’une conférence de presse à l’Assemblée législative de l’Alberta le 6 mai 2025, à Edmonton, en Alberta, au Canada.
La première ministre Smith a reconnu que le sentiment séparatiste existait depuis longtemps en Alberta et, bien qu’elle ne le soutienne pas, elle a déclaré que les Albertains avaient le droit démocratique d’exprimer leurs préoccupations et de débattre de la place de la province au sein du Canada. (Photo par Artur Widak/NurPhoto via Getty Images)

Smith et Carney ont tous deux eu du mal à obtenir le soutien unanime de leurs groupes parlementaires. Carney n’a pas réussi à conclure les accords avec l’Alberta qu’il avait promis, et son projet « Build Canada Homes » est au point mort alors qu’il a consacré sa première année au pouvoir à établir de nouvelles relations commerciales internationales. Smith, quant à elle, tente de trouver un équilibre entre le soutien aux conservateurs modérés et la gestion des partisans séparatistes les plus virulents. Un peu moins d’un tiers des Albertains sont favorables à la séparation du Canada, ce qui est suffisant pour que Mme Smith risque de perdre une part importante de son électorat si elle ne soutient pas ce mouvement. Il est peu probable que Mme Smith ou M. Carney s’attardent sur ce dernier incident, car il n’est pas suffisamment incendiaire pour créer de sérieuses divisions entre les deux.