Selon un rapport fédéral, l’impartialité des informations diffusées par CBC devrait faire l’objet d’une évaluation

Selon un rapport fédéral, l'impartialité des informations diffusées par CBC devrait faire l'objet d'une évaluation
Crédit: Getty Images

Une commission sénatoriale réclame des changements majeurs dans la manière dont CBC News évalue son travail journalistique, estimant que le radiodiffuseur public canadien devrait faire l’objet d’examens indépendants réguliers visant à évaluer son objectivité et son impartialité. Cette recommandation figure dans un rapport récent du Comité permanent du Sénat sur les transports et les communications, qui s’est penché sur l’avenir de CBC/Radio-Canada et son rôle dans le paysage médiatique canadien. Les sénateurs ont conclu que, bien que CBC reste l’un des organes de presse les plus importants du pays, la confiance du public envers le diffuseur pourrait être renforcée par un contrôle externe accru. Cette recommandation intervient dans un contexte de débats politiques persistants concernant le financement, le mandat et l’indépendance éditoriale de CBC.

Le rapport propose la mise en place d’un système dans lequel des experts externes en journalisme examineraient périodiquement la couverture de l’actualité par la CBC afin de déterminer si elle respecte les normes d’équité, d’exactitude et d’impartialité. La CBC dispose actuellement de mécanismes de contrôle internes, notamment des normes éditoriales et un service de médiation chargé d’enquêter sur les plaintes du public. Les sénateurs ont fait valoir que des évaluations externes supplémentaires pourraient améliorer la transparence et donner aux Canadiens davantage confiance dans le fait que le diffuseur remplit ses obligations de service public. Les membres de la commission ont souligné qu’ils ne recommandaient pas une ingérence du gouvernement dans les décisions éditoriales. Le rapport suggère plutôt que des experts indépendants possédant une expérience dans le journalisme et les médias puissent évaluer les tendances générales de la couverture médiatique sans influencer le travail journalistique au quotidien. Selon la commission, ces examens viseraient principalement à déterminer si la CBC s’acquitte avec succès de son mandat en tant que diffuseur financé par des fonds publics au service des Canadiens de tout le pays.

Le comité estime que des évaluations indépendantes pourraient contribuer à renforcer la confiance du public tout en préservant l’indépendance éditoriale,

– Extrait du rapport fédéral

Cette recommandation intervient à un moment où les médias traditionnels subissent une pression considérable. Partout au Canada, les journaux, les chaînes de télévision et les médias numériques sont confrontés à une baisse de leurs recettes, à des réductions d’effectifs et à une concurrence accrue de la part des réseaux sociaux. Alors que les médias privés connaissent des difficultés financières, la CBC se retrouve de plus en plus au cœur des débats sur l’avenir du journalisme canadien. Ses partisans font valoir que le diffuseur assure une couverture médiatique essentielle dans les régions où les médias locaux ont disparu, tandis que ses détracteurs affirment que son financement public crée une concurrence déloyale.

Le débat sur le rôle de la CBC s’est intensifié ces dernières années, les partis politiques proposant des visions divergentes quant à l’avenir de la chaîne. Les responsables politiques conservateurs ont fréquemment critiqué le modèle de financement de la CBC et accusé l’organisme de partialité politique. De leur côté, les partisans de la chaîne soutiennent que la CBC joue un rôle essentiel en assurant une couverture de l’actualité locale, nationale et internationale qui, sans elle, ne serait peut-être pas accessible aux Canadiens vivant dans des petites collectivités.

Comment fonctionne la CBC ?

Logo de la Canadian Broadcasting Corporation, CBC/Radio-Canada, un diffuseur public canadien de radio et de télévision.
Vendredi 20 mai 2022, à Edmonton, en Alberta, au Canada. (Photo : Artur Widak/NurPhoto via Getty Images)

Fondée en 1936, CBC/Radio-Canada est le radiodiffuseur public national du Canada. L’organisation gère des services d’information télévisés, radiophoniques et numériques en anglais et en français, et reçoit chaque année plus d’un milliard de dollars de financement public. Contrairement aux radiodiffuseurs privés, la CBC est soumise à un mandat législatif qui l’oblige à refléter les régions, les langues officielles et la diversité culturelle du Canada, tout en restant indépendante de toute influence politique.

Le diffuseur dispose déjà de plusieurs mécanismes destinés à traiter les plaintes concernant la couverture de l’actualité. Les citoyens peuvent faire part de leurs préoccupations directement à CBC News et, s’ils ne sont pas satisfaits de la réponse, porter plainte auprès de l’ombudsman de la CBC. Ce dernier procède à des examens indépendants des pratiques journalistiques et publie ses conclusions. La CBC soutient que ces garanties existantes contribuent à assurer la responsabilité tout en protégeant l’indépendance éditoriale contre les pressions extérieures

Il n’est pas certain que le gouvernement fédéral donne suite à cette recommandation. Les rapports des commissions sénatoriales n’entraînent pas automatiquement de modifications législatives, et le gouvernement n’est pas tenu de mettre en œuvre leurs propositions. Toutefois, ces conclusions alimentent un débat national en cours sur l’avenir de la radiodiffusion publique au Canada et sur le rôle que la CBC devrait jouer dans l’écosystème médiatique du pays.