Trump a relancé la menace du Groenland en pleine réunion de l’OTAN
Donald Trump revient sur ses précédentes déclarations, et le Groenland est de nouveau dans sa ligne de mire. De toute évidence, la bataille autour du Groenland est loin d’être terminée, puisque le président américain a multiplié les déclarations concernant ce territoire danois. Après près de six mois de silence de la part de Trump sur le Groenland, les Européens s’inquiètent à nouveau pour leur souveraineté, Donald Trump ayant relancé son ambition d’annexer le Groenland. S’exprimant à Ankara, en Turquie, à l’occasion du sommet annuel des dirigeants de l’OTAN, le 12 juillet, Trump a réaffirmé qu’il estimait que le Groenland (et le monde) se porteraient mieux si ce pays était sous le contrôle des États-Unis.
Trump a relancé le débat peu après son arrivée à Ankara, où les dirigeants de l’OTAN espéraient axer les discussions sur les dépenses de défense, l’Ukraine et la sécurité au Moyen-Orient. Au lieu de cela, le président est revenu sur l’une de ses ambitions les plus controversées en matière de politique étrangère, affirmant que le Danemark n’avait pas su développer ni défendre correctement le Groenland malgré son importance stratégique. Le lendemain, Trump a enfoncé le clou, affirmant que le Groenland était important pour les États-Unis mais « pas important pour le Danemark », tout en critiquant la manière dont l’OTAN avait géré cette question. Ces propos ont immédiatement fait la une des journaux à travers l’Europe et ont désormais éclipsé une grande partie de l’ordre du jour prévu par l’alliance.
« [Le Groenland] devrait être contrôlé par les États-Unis, et non par le Danemark. »
-Donald Trump
Donald Trump et son engouement pour le Groenland
Ces commentaires ont ravivé un différend qui avait failli déclencher l’une des plus grandes crises politiques de l’histoire de l’OTAN au début de l’année 2026. En janvier, Trump avait menacé d’imposer des droits de douane à plusieurs pays européens afin de faire pression sur le Danemark pour qu’il renonce à son contrôle sur le Groenland. Ces menaces avaient provoqué des réunions d’urgence entre les dirigeants de l’Union européenne et fait craindre un conflit commercial transatlantique. L’impasse n’a pris fin qu’après que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, eut négocié ce que les responsables ont qualifié d’« accord-cadre » visant à renforcer la sécurité dans l’Arctique tout en permettant aux deux parties de prendre du recul pour éviter une nouvelle escalade. Depuis lors, les dirigeants européens ont estimé que la question était en grande partie résolue.
Selon des sources médiatiques, cependant, les négociations n’ont jamais véritablement cessé. Le Danemark, le Groenland et la Maison Blanche ont continué à mener des discussions discrètes sur les futurs arrangements de sécurité concernant l’île arctique, qui reste régie par un accord de défense conclu en 1951 avec les États-Unis. D’après des informations précédentes, Washington cherche à obtenir des garanties militaires permanentes et une plus grande influence sur les futures décisions d’investissement concernant l’île. Les responsables danois estimeraient que ces propositions porteraient atteinte à l’autonomie du Groenland. Ces discussions n’ont pas encore abouti à un accord acceptable pour les trois gouvernements.
Pourquoi le Groenland ?
Le Groenland revêt une importance croissante en raison de sa situation géographique et de ses ressources naturelles. À mesure que la banquise arctique continue de reculer sous l’effet du changement climatique, de nouvelles routes maritimes deviennent accessibles. De plus, des gisements jusqu’alors inaccessibles de terres rares et d’autres ressources stratégiques suscitent un intérêt international grandissant. Les États-Unis exploitent déjà la base spatiale de Pituffik, dans le nord-ouest du Groenland, dans le cadre d’un accord de défense existant, ce qui confère à Washington une présence militaire significative dans la région. Des analystes européens font valoir que cet accord assure déjà la coopération en matière de sécurité dont les États-Unis ont besoin, selon Donald Trump, rendant ainsi difficiles à justifier les appels en faveur d’un contrôle total de l’île.
Réaction européenne
Les dirigeants européens ont réagi avec prudence, s’efforçant de défendre le Danemark sans aggraver les tensions avec Washington. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a réaffirmé que le Groenland faisait toujours partie du Royaume du Danemark et a souligné que les Groenlandais avaient à plusieurs reprises rejeté l’idée de rejoindre les États-Unis. La Commission européenne s’est fait l’écho de cette position, affirmant que l’intégrité territoriale, la souveraineté et les frontières internationalement reconnues restent des principes fondamentaux du droit international. Bruxelles a également réaffirmé son soutien au Danemark et au Groenland tout en poursuivant ses travaux sur une stratégie arctique actualisée visant à renforcer la présence de l’Europe dans la région.
La position des États-Unis est, malheureusement, très claire sur ce sujet. Mais notre position est aussi claire qu’elle l’a toujours été : le Groenland n’est pas à vendre. J’espère que tous les alliés respecteront le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination,
– Mette Frederiksen, Première ministre danoise
Conséquences sur le sommet de l’OTAN

Pour l’OTAN, le moment est particulièrement délicat. L’Alliance abordait le sommet de cette année dans l’espoir de mettre en avant des engagements records en matière de dépenses de défense et une plus grande unité face aux menaces croissantes pour la sécurité émanant de la Russie et de la Chine. Au lieu de cela, l’intérêt renouvelé de Trump pour le Groenland a une nouvelle fois placé les divisions internes au centre de l’attention internationale. Bien qu’aucun changement politique immédiat n’ait suivi ses propos, les dirigeants européens se retrouvent désormais contraints de revenir sur une question que beaucoup espéraient voir réglée. Alors que les négociations diplomatiques se poursuivent et que la position de Trump reste inchangée, les responsables estiment de plus en plus que le différend sur le Groenland risque de rester l’une des sources de tension les plus persistantes entre les États-Unis et leurs plus proches alliés.